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A eux cinq, ces géants de la tech américaine pèsent plus que le CAC 40

Apple, Google, Microsoft, Amazon et Facebook pèsent 50% de plus que la valeur cumulée des 40 plus grandes entreprises françaises.

Apple, Google, Microsoft, Amazon et Facebook pèsent 50% de plus que la valeur cumulée des 40 plus grandes entreprises françaises. - Montage BFM Business

Jusqu'où ira la high-tech américaine? Désormais la capitalisation cumulée d'Apple, Google, Microsoft, Amazon et Facebook est 50% supérieure à celle des 40 plus grandes entreprises françaises. Du jamais vu.

La tech américaine est-elle en train de devenir une valeur refuge au même titre que l'or ou l'immobilier? On serait tenté de le penser tant son poids financier ne cesse de prendre l'ampleur, tandis que des inquiétudes planent sur les perspectives économiques. Mais les géants américains de la high-tech américaine y semble complètement hermétiques. Sur la seule journée du 25 octobre 2015, la valeur cumulée des trois grands que sont Amazon, Google (désormais Alphabet) et Microsoft a gonflé de 100 milliards de dollars (90 milliards d'euros). En une séance, les trois ont vu leur capitalisation boursière grossir d'un "L'Oréal"! Des chiffres qui dépassent un peu le sens commun.

Désormais Apple, Google (devenu Alphabet), Microsoft, Amazon et Facebook ont une valorisation à elles 5 qui frôle les 2.200 milliards de dollars. A titre de comparaison, la valeur cumulée des 40 fleurons du CAC 40 ne représente "que" 1.470 milliards de dollars. Les Gafa plus Microsoft pèsent donc 50% de plus que les 40 plus grosses entreprises françaises. Et à ce rythme-là, elles pourraient d'ici quelques années atteindre l'équivalent du PIB français qui se situe aux alentours de 2.900 milliards de dollars.

"Difficile de parler de bulle"

Alors évidemment, difficile de pas penser à une bulle devant de tels chiffres. Les entreprises high-tech américaines sont-elles artificiellement dopées par des investisseurs crédules et peu regardants? "Il y a effectivement certaines valeurs qui sont peut être survalorisées, mais si on regarde sectoriellement, c’est assez peu évident, constate Benoît Flamant, directeur associé chez Fourpoints au site ZDNet. Il est difficile de parler de "bulle" pour les actions cotées." 

D'autant que le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques américain, a fait le ménage depuis le grand chambardement des années 90-2000. Il ne compte plus que 2.500 sociétés cotées contre plus de 4.700 au plus fort de la bulle en 1999. Si une partie a fait faillite (17% d'entre elles), les autres ont fusionné ou ont été rachetées. Mais surtout, grosse différence avec la bulle, ces entreprises gagnent de l'argent et sont archi-leaders sur leur secteur. Apple domine l'électronique grand public mondial, Amazon le e-commerce et le cloud, Google accroît ses positions dans les services internet, Facebook s'impose comme seul réseau social mondialisé et Microsoft négocie habilement son virage vers l'électronique tout en confortant ses positions dans le PC et le cloud. Bref dans tous les secteurs d'avenir de la high-tech, on trouve un de ces 5 américains leader. 

"Personne ne réussira jamais à reproduire la Silicon Valley"

Une Amérique qui n'a jamais été aussi puissante dans sa domination technologique. D'autant que derrière les "historiques", les jeunes pousses prometteuses sont aussi pour la plupart américaines. Que ce soit Uber -la start-up la plus valorisée de l'Histoire, AirBnB qui fait de l'ombre aux géants de l'hôtellerie ou encore Netflix (plus vraiment une jeune pousse certes) dont le parc d'abonnés est désormais supérieur à la population française. La relève est déjà à pied d'oeuvre pour asseoir cette domination. "Tout le monde a essayé de reproduire le succès de la Silicon Valley, mais personne n'a jamais réussi et personne ne réussira jamais, écrit Leslie Berlin, une historienne américaine spécialiste de la Silicon Valley sur le site Medium. Il sera en effet difficile à une autre région de reproduire ce mélange unique de recherche universitaire et de technologie mêlées à des idéaux hérités de la contre-culture, ainsi que cette culture typiquement californienne de la ruée vers l'or qui conduit les gens à prendre des risques."

La ruée vers l'or californienne n'avait officiellement duré que 8 ans au XIXème siècle. Celle du XXIème siècle est promise à une bien plus grande longévité.

La capitalisation des 5 géants de la tech américaine

Apple: 674,3 milliards de dollars

Google: 491,7 milliards de dollars

Microsoft: 423 milliards de dollars

Amazon: 293 milliards de dollars

Facebook: 290 milliards de dollars

(Capitalisation en date du 2 novembre 2015)

A noter que la plus grosse capitalisation du CAC 40, Sanofi, serait très loin d'entrer pas dans ce top 5 malgré ses 120 milliards d'euros de capitalisation.

Frédéric Bianchi