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Pierre Moscovici: "le gouvernement a fait le choix de la compétitivité"

Pierre Moscovici a confirmé une "réflexion" sur le coût du travail.

Pierre Moscovici a confirmé une "réflexion" sur le coût du travail. - -

Le ministre de l’Economie et des Finances était l’invité de BFM Business, ce jeudi 29 août, depuis l’Université d’été du Medef. L'occasion pour lui de donner des gages aux dirigeants d'entreprise.

Pierre Moscovici rassure les entrepreneurs. Invité d'une table ronde à l'Université d'été du Medef, ce jeudi 29 août, le ministre de l'Economie et des Finances a livré plusieurs annonces destinée à donner des gages aux dirigeants d'entreprise.

Il a notamment annoncé un projet de loi, présenté le 4 septembre, pour simplifier la vie administrative des sociétés. Selon lui, ce levier permettrait de faire gagner 0,8% de PIB à la France.

Reçu par Hedwige Chevrillon quelques minutes plus tard, le ministre est ensuite revenu sur les autres grandes mesures livrées lors de cette table ronde.

> "La réforme des retraites ne pèsera pas sur le coût du travail"

Pierre Moscovici a promis que la "réforme des retraites ne pèsera pas sur le coût du travail". Les hausses des cotisations supportées par les sociétés sur les retraites "seront intégralement compensées par une baisse concomitante des cotisations familiales", dès 2014, a ainsi expliqué le ministre.

Il confirme ainsi le transfert du coût du financement de la politique familiale des entreprises vers la solidarité nationale. Point déjà évoqué par Michel Sapin et Marisol Touraine. Mais il n'a pas précisé les leviers de financement.

> "Nous devons traiter la question des prélèvements obligatoires"

"Nous ne sommes pas le gouvernement du matraquage fiscal" a assuré Pierre Moscovici, revenant sur le ras-le-bol fiscal. Sur ce sujet, il a rappelé les déclarations de Bernard Cazeneuve sur le Budget 2014 qui prévoit "une stabilisation" des prélèvements fiscaux.

"Nous devons traiter la question des prélèvements obligatoires pour montrer que nous ne voulons pas alourdir le niveau [de ces prélèvements]", s'est-il exclamé. "L’effort de réduction des déficits passe par la réduction des dépenses publiques", a-t-il ajouté.

> "Nous avons fait le choix de la compétitivité"

"Nous devons avoir une économie plus compétitive qui ne souffre d'aucun handicap par rapport à ses concurrentes", a déclaré Pierre Moscovici. "Nous avons fait le choix de la compétitivité, c'est la volonté du gouvernement et cela passe par la confiance des entreprises". Il a évoqué "une France qui investit", alors que ce même jour, une enquête de l'Insee montre que les industriels ont revu à la baisse leurs prévisions d'investissement.

Pierre Moscovici a ensuite indiqué avoir rendez-vous lundi à 8h avec Pierre Gattaz, le président du Medef pour poursuivre "une réflexion structurelle" sur le coût du travail.

"Au-delà du Crédit impôt compétitivité pour l'emploi, nous allons poursuivre le débat sur le coût du travail et discuter de mesures fiscales dans le cadre du projet de loi de finances 2014", a-t-il détaillé. "Le gouvernement est à l'écoute des entreprises" a-t-il assuré, évoquant "un combat commun pour l'emploi''.

> "Le rebond de l'activité est indéniable"

S'exprimant sur la croissance, Pierre Moscovici a estimé que "le rebond de l'activité est indéniable". A charge maintenant pour le gouvernement de transformer "ce rebond en une reprise durable", a-t-il poursuivi.

Ce n'est pas forcément l'avis des chefs d'entreprises. Mercredi 28 août, le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, évoquait une "stabilisation" mais certainenement pas "une reprise structurelle".

Julien Marion