BFM Business

Pfizer, AstraZeneca, Moderna… Les retards de livraisons de vaccins se succèdent en Europe

Fioles vides de vaccin Pfizer-BioNTech à l'hôpital Emile Muller à Mulhouse, le 8 janvier 2021

Fioles vides de vaccin Pfizer-BioNTech à l'hôpital Emile Muller à Mulhouse, le 8 janvier 2021 - SEBASTIEN BOZON © 2019 AFP

Après Pfizer et AstraZeneca, le laboratoire Moderna a lui aussi annoncé un retard de livraisons de son vaccin contre le Covid-19 en Europe. Des baisses d'approvisionnement qui conduisent plusieurs pays à ralentir le rythme de leur campagne vaccinale.

Commencée depuis tout juste un mois, la campagne de vaccination contre le Covid-19 rencontre déjà quelques accros. Après la polémique sur la lenteur du démarrage en France début janvier, voilà que des difficultés d’approvisionnement guettent l’Europe. Au point que plusieurs pays sont désormais contraints de reporter des primo-injections pour réserver les doses disponibles à ceux qui attendent la seconde.

> Pfizer

Premier à avoir reçu son autorisation de mise sur le marché au sein de l’Union européenne, le vaccin Pfizer-BioNTech est administrée à la population depuis le 27 décembre 2020 en France. Mais seulement deux semaines après le début de la campagne, le duo a averti d’une baisse de ses livraisons sur le continent "pour trois ou quatre semaines" afin d’engager des travaux de rénovation dans l’usine belge de Puurs. Travaux visant in fine à augmenter les capacités de production.

Face aux réactions agacées des autorités européennes, les deux laboratoires ont finalement présenté le 16 janvier un plan visant à limiter les retards de livraisons à sept jours à compter du 18 janvier. "Nous reviendrons au calendrier initial à partir de la semaine du 25 janvier, avec une augmentation des livraisons à compter de la semaine du 15 février", avaient-ils assuré.

Au final, la France aura reçu fin janvier 200.000 doses en moins du vaccin Pfizer-BioNTech, a indiqué le ministère de la Santé, ajoutant que les livraisons reprennent depuis cet épisode à un rythme de 500.000 doses par semaine.

Bruxelles a commandé un total de 500 millions de doses -assorties d’une option pour 100 millions supplémentaires- dont 50 millions sont à terme destinées à l’Hexagone. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que le retard pris entre le 18 et le 25 janvier sera rattrapé et que Pfizer-BioNTech livreront comme prévu les doses garanties pour le premier trimestre.

> AstraZeneca

Alors que le régulateur européen s'est prononcé favorablement ce vendredi sur son autorisation de mise sur le marché, le vaccin d’AstraZeneca fait déjà beaucoup parler depuis quelques jours. Et pour cause, le laboratoire suédo-britannique a annoncé le 22 janvier qu’il ne pourra finalement livrer que 31 millions de doses à l’Union européenne d’ici fin mars, bien moins que les 80 millions prévues initialement.

Pour justifier ce retard, le groupe a invoqué une "baisse de rendement" d’un de ses sites européens. Une explication qui n’a pas vraiment convaincu l’UE, laquelle soupçonne AstraZeneca de réserver les quelques doses dont il dispose au Royaume-Uni qui a passé un contrat trois mois avant les 27 et pour un montant plus élevé.

Quelle que soit la véritable raison, Bruxelles qui a commandé un total de 400 millions de doses à AstraZeneca, exhorte encore aujourd’hui le laboratoire à lui livrer les 80 millions de doses prévues pour fin mars en recourant, comme le prévoit le contrat entre les deux parties, à ses usines britanniques qui ne sauraient être réservées aux commandes outre-Manche.

La France qui espérait initialement 17,5 millions de doses livrées fin mars, puis 9 millions après des problèmes d’essais cliniques d’AstraZeneca à l’automne, table désormais sur 4,6 millions de doses reçues à la fin du trimestre. A moins d’une heureuse surprise. En effet, le patron du groupe pharmaceutique, Pascal Soriot, a annoncé jeudi que si les 80 millions de doses ne pourront pas être livrées en temps et en heure, les volumes devraient tout de même augmenter pour atteindre des chiffres bien supérieurs aux 31 millions de doses précédemment évoquées.

> Moderna

Le laboratoire Moderna a lui aussi annoncé une baisse de ses livraisons de vaccin vers l’UE de l’ordre de 25% en février, selon le ministère de la Santé. Un nouveau contretemps qui devrait toutefois avoir un impact plus limité, l’Union européenne n’ayant commandé que 160 millions au laboratoire américain.

En outre, la France, qui attendait 1,5 million de doses du vaccin Moderna au premier trimestre (24 millions à terme), ne le réservait jusqu’à présent qu’à certaines régions où la circulation du virus est la plus forte.

Calendrier adapté

Selon Les Echos, le retard pris par Moderna devrait être rattrapé en mars. En attendant, le gouvernement confronté à ces baisses d’approvisionnement a décidé d’adapter son calendrier vaccinal à court terme avec un report d’environ 5% des rendez-vous pour une première injection prévus en février.

En revanche, "il a été décidé de ne pas décaler la 2e dose, comme certains de nos partenaires l’ont fait. La 2e dose sera donc systématiquement administrée au bout de 27 jours et les stocks ont été constitués pour assurer cette deuxième injection", détaille le ministère de la Santé dans un communiqué.

Au total, 2,4 millions d’injections sont prévues pour février, dont 1,4 million de secondes injections et un million de premières. Si cet agenda est respecté, plus de 2,5 millions de personnes auront reçu au moins une dose de vaccin fin février. Bien moins que les 4 millions espérés le 21 janvier dernier par le ministre de la Santé, Olivier Véran.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco