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Manifestation contre la loi "sécurité globale": des commerces parisiens resteront fermés

Dans le quartier de République, certains commerçants s'attendent à devoir rester fermés ce samedi par crainte de débordements lors de la manifestation contre la loi "sécurité globale".

Ils devront peut-être patienter un jour de plus. Si les petits commerces sont autorisés à rouvrir leurs portes ce samedi à la faveur d’un allègement des règles du confinement, certains gérants de boutiques parisiennes installés dans le périmètre de la manifestation contre la loi "sécurité globale" prévue ce même jour à République (11e arrondissement) craignent de ne pas pouvoir en faire de même.

Responsable d’une boutique de vêtements boulevard du Temple, Philippe Fellous a déjà pris la décision de rester fermé toute la journée par crainte des débordements:

"Je n’ai pas eu le temps de prendre mes dispositions pour barricader ma boutique. Et est-ce que c'est le rôle d'un commerçant de barricader sa boutique? Ce n’est pas ça, c’est de faire plaisir, de donner de la joie", explique-t-il avec résignation.

"On est dans le doute"

Un peu plus loin, Alexandre d’Agostino a tout de même pris soin d’arranger sa boutique de jeux vidéo située dans le périmètre de la manifestion, sans être sûr de pouvoir accueillir des clients. Il ne se fait pour autant que peu d’espoir: "C'est la double peine. On attendait, on a préparé la boutique en conséquence mais on ne sait pas si on va avoir du monde ou pas. On est dans le doute", déplore-t-il.

Avec la manifestation contre la loi "sécurité gloable", c’est tout un quartier qui risque d’être touché, voire d’être inaccessible. Président de la Fédération française des associations de commerçants de Paris, Thierry Véron s’inquiète de la situation: "Les clients qui vont venir à pied vont peut-être pouvoir passer, mais ceux qui viennent en voiture de banlieue ou de province… Parce qu’il y a des gens qui viennent tous les ans pour Noël acheter dans nos boutiques et ces gens-là vont délaisser leurs commerces habituels" ce samedi, estime-t-il.

Certains petits commerces pourront malgré tout essayer de compenser leurs pertes grâce à l’obtention d’une dérogation pour ouvrir les dimanches.

Alizée Boissin, Jérémy Charrier et William Helle