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Les discothèques saisissent le Conseil d'Etat pour discrimination

Discothèque fermée en raison du Covid-19 à Sète, le 24 novembre 2020

Discothèque fermée en raison du Covid-19 à Sète, le 24 novembre 2020 - Pascal GUYOT / AFP

Le secteur dénonce le fait de n'avoir aucune perspective de réouverture contrairement aux bars et restaurants, mariages et autres concerts.

C'est le seul secteur à n'avoir jamais rouvert depuis le 15 mars 2020 et à ne pas faire partie du calendrier de déconfinement des commerces et lieux de divertissements qui va s'étaler du 9 mai au 30 juin. Les discothèques n'ont aucune perspective et s'estiment surtout lésées face aux cafés, bars, restaurants, concerts et mariages.

La branche Nuit du syndicat Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) a donc décidé de déposer un recours en référé-liberté auprès du Conseil d'Etat pour "discrimination".

Le texte demande "au Conseil d'Etat d'intégrer en urgence les établissements de nuit dans le plan de déconfinement au même titre que les concerts et les mariages". "En effet, ces derniers vont pouvoir se tenir librement à compter du 30 juin, alors qu'ils se déroulent de la même manière, en lieux clos, dans un contexte festif, avec de la danse et des boissons alcoolisées. Sur quel fondement peut-il légitimement être invoqué un respect des gestes barrières dans un cas, et un risque de propagation épidémique dans l'autre?", peut-on lire dans un communiqué.

Eté meurtrier

Sur BFM Business, Patrick Malvaes, Président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs, expliquait: "L’été dernier, il y a eu déconfinement et pendant tout l’été, on a permis aux hôtels, restaurants et campings de faire discothèque. Tout le monde pouvait le faire sauf nous. Si c’est pour nous refaire un été meurtrier en 2021, il ne faut pas compter sur nous et nous irons sur tous les lieux où ce genre de manifestation a lieu pour dire: 'Ils ne peuvent pas faire discothèque puisqu’on ne nous l’a pas permis'".

"J’ai demandé à mes avocats de préparer un recours devant le conseil d’Etat et on va surveiller ça sans arrêt parce que s'il y a une inégalité de traitement, c’est parfaitement inadmissible.", poursuivait-il.

"La requête insiste sur la discrimination dont sont victimes les discothèques, seul secteur d'activité à n'avoir aucune date de réouverture. Elle "vise aussi à faire reconnaître par le Conseil d'Etat l'absence de mesures économiques justes et adaptées aux discothèques, dès lors que leur fermeture décidée par l'Etat depuis plus de 13 mois entache les principes constitutionnels et conventionnels de leur droit de propriété", explique le secteur.

Une perspective "dans les semaines à venir"

Il y a quelques jours sur BFMTV, le ministre en charge des PME Alain Griset justifiait la décision du gouvernement d'exclure les discothèques du calendrier de déconfinement.

"Les discothèques sont des lieux fermés qui ont des spécificités puisque quand on danse, on est en grande proximité. On continue à se concerter avec les professionnels et on a mis en place depuis juillet un accompagnement spécifique pour ces établissements".

Et d'ajouter: "J’espère pouvoir leur donner une perspective de réouverture dans les semaines à venir. Il n’est pas envisageable de ne pas leur donner d’espoir".

Selon l'Umih, sur 1600 entreprises du secteur, plus de 100 ont déjà définitivement fermé.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business