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Vente du Rafale: le Qatar pourrait se prononcer ce lundi

Un Rafale en vol

Un Rafale en vol - -

L'émir du Qatar sera reçu, ce lundi 23 juin, à l’Elysée par François Hollande. A cette occasion, il pourrait confirmer l'intérêt du pays pour l’avion de chasse de Dassault.

Le Rafale sera-t-il enfin vendu à l’export ? Ce 23 juin pourrait bien devenir une date clé dans le dossier avec la venue de Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani à Paris. Le jeune émir de 34 ans serait en passe d’annoncer sa préférence pour l’engin français et d’entrer en négociations exclusives avec Dassault Aviation.

Afin de renforcer sa flotte vieillissante (douze Mirage 2000 achetés en 1994 à Dassault), l’émirat avait, l’an dernier, mis en concurrence Dassault Aviation, Eurofighter et l’américain Lockheed Martin. Dans l'optique de la vente de 72 appareils, les négociations concerneraient un premier lot de 36 avions. Les échanges entre Paris et Doha avaient été suspendus fin 2013 avant de reprendre en mars dernier.

Si un grand pas pourrait être fait demain, le chemin sera encore long pour convaincre le Qatar : une signature définitive nécessiterait encore de longs mois de négociations, notamment sur le prix de l’appareil qui avoisine la centaine de millions d’euros.

Le Qatar avant l'Inde ?

Le plus gros dossier reste malgré tout celui des négociations avec l’Inde. Si la vente portant sur 126 appareils (pour un total de près de 15 milliards d’euros) avait tout d’abord été prévue pour fin 2013, le nouveau gouvernement indien laisse espérer à Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, une vente avant fin 2014.

Cet optimisme est partagé par le Times of India qui annonçait au début du mois une possible signature début septembre.

Paris n'a plus le choix

Quelques mois après l’échec de la vente au Brésil, la France devra conjurer le sort et débloquer le compteur des ventes à l’étranger. La loi de programmation militaire (LPM) concernant les années 2014-2019 réduit drastiquement les achats de Rafale par l’armée française, son unique client actuel. Au total, seuls 26 avions lui seront livrés.

Avec 11 appareils pour 2014 et 2015 puis les quatre derniers en 2016, l’exportation deviendra par la suite l’unique espoir de rentabiliser la quarantaine de milliards d’euros investie par l’Etat français depuis trente ans. Selon Dassault, 500 entreprises françaises sont liées à la production du Rafale.

Raphaël Grably