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Scaf: comment Dassault Aviation et Airbus Defence se sont répartis les rôles

Après l'annonce de l'accord sur les contrats d'études du Système de combat aérien futur (SCAF), la répartition précise des tâches a été dévoilée. Dassault reste maitre d'œuvre pour l'avion, mais presque tout le reste a été confié à Airbus.

Après une situation proche de l'incendie diplomatico-industrielle entre Dassault et Airbus d'un côté et la France et l'Allemagne de l'autre, un accord a été trouvé pour répartir les rôles dans la création du Scaf, le système de combat aérien du futur (Scaf), un programme bien plus complexe qu'on ne le pense.

Au coeur du Scaf, le système de combat de nouvelle génération (Next Generation Weapon System, NGWS), qui se compose d'un avion de chasse (New Generation Fighter, NGF), de drones (Remote Carriers) de différents types et d'un Cloud de combat qui devra aussi être compatible avec les futurs versions de Rafale et d'Eurofighter, des avions de transport et le drone Male (Medium altitude, long endurance) en cours de conception. Le NGWS devra aussi être capable d'agir avec des systèmes de combat ou de commandement navals, terrestres et spatiaux.

Pour créer ce dispositif, les fleurons industriels français, allemand et espagnol de l'aéronautique Paris, Berlin et Madrid sont parvenus à un accord "équilibré" il y a quelques semaines. Le ministère des Armées et la DGA (Direction générale de l'armement) ont dévoilé la répartition précise des rôles de chacun.

Organisation industrielle du programme Scaf présentée par l’ingénieure générale de l’armement Eva Portier de la DGA
Organisation industrielle du programme Scaf présentée par l’ingénieure générale de l’armement Eva Portier de la DGA © PS
"Un pilote [industriel, NDLR] ne peut pas couvrir toute l'activité? Sur chaque pilier, un équilibre a été trouvé entre le 'prime' et le 'main partner' en l'adaptant aux différents sujets", explique l’ingénieure générale de l’armement Eva Portier.

Le chantier global sera coordonné par les trois pays partenaires via Dassault Aviation (France), Airbus Defence and Space (Allemagne) et Indra (Espagne) mais chaque "pilier" du projet sera sous la maîtrise d'œuvre d'une seule société.

Le vote du Bundestag

Dassault reste maitre d'œuvre de l'avion NGF avec pour partenaire les filiales allemande et espagnols d'Airbus. Mais Airbus D&S remporte de gros chantiers. Son unité allemande va piloter la conception des drones (avec le Français MBDA et l'Allemand Satnus) et le Cloud de combat (avec Thales et Indra).

La filiale espagnole d'Airbus pilotera le développement des technologies de furtivité. Les capteurs sont du ressort d'Indra (avec Thales et l'Allemand FCMS). Pour le moteur, c'est Eumet, la joint-venture entre Safran, l'allemand MTU et l'espagnol ITP, qui devra le concevoir.

Ces études, dites de "phase 1B", portent sur un total d'environ 3,5 milliards d'euros d'ici 2024. La "phase 2" prévoira ensuite pour 2027 la réalisation d'un démonstrateur en vol, sorte de pré-prototype destiné à prouver la fiabilité des technologies retenues.

Le volet industriel est désormais calé, mais reste encore à régler le volet politique. Les accords entre les partenaires industriels restent soumis au vote du Bundestag qui doit donner son aval au financement de la quote-part allemande, avant de cesser ses travaux fin juin à l'approche de législatives allemandes indécises.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco