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Sanofi, ce labo français créé en 1973 et devenu un géant mondial des vaccins

Avec plus de 36 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an passé, un portefeuille qui va de la pommade pour fesses de bébés aux traitements les plus pointus, le français Sanofi est devenu, en près de six décennies, un mastodonte de l'industrie pharmaceutique.

Le laboratoire qui a fait scandale en évoquant la possibilité de réserver aux Etats-Unis la primeur d'un éventuel vaccin contre le Covid-19, n'en est pas à sa première controverse. Voici cinq choses à savoir sur une entreprise tricolore devenue un géant pharmaceutique mondial.

> De 10 à 100.000 collaborateurs

Plus de 36 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2019. Mais aussi quelque 100.000 collaborateurs et des sites de production dans 32 pays selon son site internet. Fondée en 1973, Sanofi n'est à ses débuts qu'une "start-up" de dix salariés, filiale du groupe pétrolier Elf Aquitaine. Pour atteindre sa dimension multinationale, une politique d'acquisitions tous azimuts, dont deux ont marqué son histoire.

En 1999 d'abord, lorsque Sanofi fusionne avec une filiale de L'Oréal, pour donner naissance à Sanofi-Synthélabo. Parallèlement, l'allemand Hoechst et le français Rhône-Poulenc, nés à la fin du 19ème siècle, s'allient pour donner naissance à Aventis, une société de droit français. A l'assaut de laquelle Sanofi-Synthélabo se lance en janvier 2004. D'abord éconduit, le groupe parvient à ses fins, encouragé par le gouvernement français et particulièrement par le ministre des Finances de l'époque, Nicolas Sarkozy, très impliqué. Le 25 avril, Aventis accepte l'offre.

La société ne s'arrête pas là. En 2011 elle avale par exemple pour plus de 20 milliards de dollars l'américaine Genzyme (biotechnologies). Et change de nom: Sanofi-Aventis redevient Sanofi.

> Un géant des vaccins

Avec son Doliprane (paracétamol), ou encore sa pommade pour bébés Mitosyl à l'odeur si caractéristique, Sanofi est dans l'armoire à pharmacie de bien des Français. Mais le laboratoire commercialise aussi des traitements cardiovasculaires comme Plavix et Aprovel/Avapro, ou encore des médicaments contre le diabète. L'un des ses "blockbusters" - terme consacré dans la pharmacie pour les traitements aux plus fortes ventes - est le Dupixent, utilisé notamment dans le traitement de l'asthme et de la dermatite atopique. C'est enfin, ce qui lui vaut d'être au coeur de l'actualité actuellement, l'un des poids lourds mondiaux des vaccins humains (via Sanofi Pasteur).

> Cosmétiques et couture

Loin des blouses blanches, l'histoire du laboratoire a aussi une facette plus glamour. Le groupe qui s'appelait alors Elf-Sanofi a en effet pris en 1993 le contrôle de la maison Yves Saint Laurent, laquelle sera ensuite cédée en 1999 sous le contrôle de François Pinault. La partie parfums et cosmétiques sera ensuite cédée en 2008 à L'Oréal - qui détient aujourd'hui quelque 9,4% de Sanofi. Sanofi a aussi été présent pendant une trentaine d'années au capital du groupe Yves Rocher.

> Controverses en série

Comme beaucoup de poids lourds de la pharmacie, Sanofi connaît son lot de scandales. En février 2020, le groupe a été mis en examen pour "tromperie aggravée et "blessures involontaires", après une enquête sur l'anti-épileptique Dépakine, qui peut provoquer de graves malformations sur le foetus s'il est pris par une femme enceinte. Sanofi assure avoir "respecté son obligation d'information et fait preuve de transparence."

Le laboratoire a aussi été accusé par les Philippines d'avoir causé la mort de plusieurs enfants avec son vaccin contre la dengue Dengvaxia - le premier dans le monde à avoir été approuvé contre cette infection virale tropicale. Sanofi conteste ces allégations.

Par ailleurs l'Etat américain du Minnesota a porté plainte contre trois laboratoires dont Sanofi en les accusant d'avoir plus que doublé le prix de l'insuline en peu de temps.

> A sa tête depuis 2019, un Britannique

En septembre 2019, le Britannique Paul Hudson a pris les commandes de Sanofi, devenant le premier patron non francophone du géant pharmaceutique français. Derrière lui, une longue carrière dans le secteur au sein de grands groupes pharmaceutiques (Schering-Plough, AstraZeneca, Novartis), et la réputation de bien connaître le marché américain. Ce supporter de Manchester United avait dit à son arrivée se donner un an pour répondre à une interview en français.

JCH avec AFP