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Optique: Bruxelles donne son feu vert à la fusion entre Essilor et Luxottica

Luxottica détient des marques connues comme Persol, Ray-Ban et Oakley.

Luxottica détient des marques connues comme Persol, Ray-Ban et Oakley. - Dimitrios Kambouris / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

En septembre 2017, la Commission européenne ouvrait une enquête pour s'assurer que l'opération n'avait pas d'effet préjudiciable sur la concurrence. L'annonce a fait grimper les cours en Bourse des deux géants de l'optique.

Le projet de fusion franco-italien entre les deux géants mondiaux de l'optique Essilor et Luxottica a fait un grand pas en avant jeudi avec le feu vert inconditionnel de la Commission européenne, faisant bondir les titres boursiers des deux groupes.

À l'issue d'une enquête approfondie ouverte en septembre 2017, l'exécutif européen est parvenu "à la conclusion que l'opération de concentration n'aurait pas d'effet préjudiciable sur la concurrence" dans le marché unique.

"Nos préoccupations initiales n'ayant pas été corroborées par les résultats de la consultation des acteurs du marché, nous pouvons laisser cette concentration se réaliser sans l'assortir de conditions", a commenté la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, cité dans un communiqué.

La Bourse salut la décision

Cette décision, reportée à maintes reprises et dont la dernière date butoir était fixée au 22 mars, était aussitôt saluée par les marchés: à midi, peu après l'annonce de la Commission, l'action Essilor grimpait de 4,13% à 112,30 euros à la Bourse de Paris, tandis que Luxottica prenait 4,05% à 51,36 euros à Milan.

L'Union européenne faisait partie des cinq juridictions mondiales "où l'approbation par l'autorité de la concurrence est une condition suspensive à la réalisation" de la fusion, ont rappelé Essilor et Luxottica dans un bref communiqué publié après le feu vert de Bruxelles.

D'autres juridictions doivent se prononcer

Les quatre autres juridictions décisives sont les Etats-Unis, la Chine, le Canada et le Brésil. Essilor et Luxottica attendent toujours les autorisations des offices anti-cartels américain et chinois, tandis que l'office anti-trust canadien a déjà dit oui fin novembre et qu'un avis favorable définitif du Brésil est attendu d'ici peu, a précisé jeudi lors d'une audioconférence Laurent Vacherot, directeur général délégué d'Essilor.

La fusion finalisée fin juin

Les deux groupes ont répété jeudi qu'ils comptaient finaliser leur union d'ici fin juin 2018. Ils espéraient initialement le faire avant fin 2017, avant de changer de calendrier en raison des délais plus longs que prévu des autorisations réglementaires.

Depuis l'annonce de leur projet de mariage en janvier 2017, les deux groupes n'ont eu de cesse d'assurer que leur union n'allait pas engendrer une situation de monopole, leurs marchés respectifs étant encore très fragmentés.

Par ailleurs, il s'agit d'une fusion dite verticale, combinant deux activités différentes, qui par conséquent "ne se trouvent pas en concurrence", a admis la Commission européenne. Essilor étant un spécialiste des verres ophtalmiques quand Luxottica fabrique des montures.

"L'entité issue de la concentration ne serait pas en mesure d'utiliser sa puissance sur le marché des lunettes de soleil pour évincer du marché les fournisseurs de verres concurrents", a encore estimé la Commission.

Un géant valant 50 milliards d'euros

Le nouvel ensemble, qui sera baptisé EssilorLuxottica, doit donner naissance au leader mondial intégré de l'optique, avec un chiffre d'affaires annuel de plus de 16 milliards d'euros et une capitalisation boursière d'environ 50 milliards d'euros.

EssilorLuxottica, dont le siège social sera basé en région parisienne et qui doit être coté à la Bourse de Paris, devrait compter plus de 140.000 employés dans le monde.

Pour mémoire, Luxottica produit des lunettes de marques principalement sous licence comme Chanel, Prada ou Ralph Lauren, mais détient aussi des marques en propre comme Persol, Ray-Ban et Oakley.

J.-C.C. avec AFP