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"Nous sommes tous Carlos Ghosn", l'affiche osée d'une agence de pub libanaise

L'affiche visible dans une rue de Beyrouth, au Liban.

L'affiche visible dans une rue de Beyrouth, au Liban. - JOSEPH EID / AFP

Des affiches sont apparues dans les rues de la capitale libanaise pour soutenir le dirigeant de Renault et de Nissan, actuellement en détention au Japon. Une initiative osée d'une agence de publicité.

Soutenir un patron en détention au Japon pour soupçons de malversations, il fallait oser. Depuis ce jeudi 6 décembre, des affiches sont apparues dans les rues de Beyrouth, capitale du Liban, avec le texte "Nous sommes tous Carlos Ghosn", en anglais, surmonté d'une photo du dirigeant de Renault et de Nissan. 

Il s'agit d'une campagne lancée par une agence de publicité libanaise, Med K&K. Le Liban est en effet l'un des pays d'origine de Carlos Ghosn, également de nationalités brésilienne et française.

"une campagne contre l'injustice"

"C'est une campagne contre l'injustice", a expliqué à 'AFP Dany Kamal, l'un des associés de la société, en insistant sur la présomption d'innocence.

Carlos Ghosn, symbole suprême de la réussite de la diaspora libanaine est en garde à vue depuis le 19 novembre pour avoir, selon la justice japonaise, dissimulé aux autorités boursières environ 38 millions d'euros de revenus sur cinq années.

Son interpellation à Tokyo a provoqué la stupeur parmi ses amitiés et connaissances libanaises ainsi que dans les milieux officiels, qui insistent sur son innocence.

Soutien aussi sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, des photos avec la mention "Innocent" ont pullulé lors de son arrestation. "Tu es une branche du Cèdre (...) du Liban et nous sommes avec toi", a écrit un internaute sur Facebook. 

Carlos Ghosn se rendait régulièrement au Liban, investissant ces dernières années dans la viticulture et le secteur bancaire. En 2017, un timbre portant son nom a été émis par les autorités libanaises, qui ont vivement réagi à sa récente interpellation.

Le 27 novembre, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a convoqué l'ambassadeur du Japon à Beyrouth, Matahiro Yamaguchi, pour lui faire part de "points d'interrogations qui entourent les circonstances de l'arrestation de Carlos Ghosn et les conditions de détention".

"Le phénix libanais ne sera pas brûlé par le soleil du Japon", a assuré de son côté le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk.

Mercredi, les médias japonais ont assuré que le parquet de Tokyo allait requérir un nouveau mandat d'arrêt contre Carlos Ghosn, sur de nouveaux soupçons de minoration de revenus, ce qui devrait encore prolonger sa garde à vue démarrée le 19 novembre dernier.

Julien Bonnet, avec AFP