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Macron s'est décidé pour le déremboursement de l'homéopathie

L'homéopathie, un sujet qui divise.

L'homéopathie, un sujet qui divise. - Philippe Huguen - AFP

Le président de la République aurait donné son feu vert au déremboursement de l'homéopathie, selon une information du JDD. Total ou partiel, les modalités de ce déremboursement ne sont pas encore connues.

Après avoir hésité, Emmanuel Macron a tranché. Le président de la République aurait, en effet, donné son feu vert au déremboursement de l'homéopathie, selon une information du JDD. L'annonce officielle sera effectuée en fin de semaine. Pour les modalités, deux pistes sont envisagées. Soit un déremboursement total, mais qui ne sera mis en place que dans un an pour permettre aux laboratoires de se préparer. Soit un déremboursement partiel, dans la continuité de ce qui a déjà été fait. En 2003, le remboursement était passé de 65% à 35%. En 2011, de 35% à 30%. Il pourrait maintenant passer à 15%.

Mais non seulement cette deuxième formule risque de déplaire aux deux parties, les partisans et les opposants au déremboursement. Mais en plus, comme le souligne le JDD, elle priverait l'État d'une source d'économies importante. Le remboursement coûte aujourd'hui 127 millions d'euros par an.

Un débat virulent

Le débat est passionné sur le sujet actuellement. La Haute autorité de santé estime que les produits homéopathiques "n'ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d'un remboursement". Mais ces dernières semaines, les laboratoires homéopathiques sont montés au créneau pour tenter d'éviter un déremboursement. Ils assurent que cela menacerait 1.300 emplois (1.000 chez le français Boiron, leader mondial, et 300 chez les deux autres, le français Lehning et le suisse Weleda).

Ils sont soutenus par des élus de poids : le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et le maire de Lyon Gérard Collomb (le siège de Boiron est en région lyonnaise), ainsi que Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France (où Boiron a un site). Ce dernier a expliqué dans une lettre que d'une part, alors que "les patients sont des millions" à utiliser des produits homéopathiques et les médecins "des milliers" à le prescrire, un déremboursement entraînerait "un transfert des prescriptions sur la médecine conventionnelle ce qui, économiquement, coûterait plus cher", estime-t-il. Le déremboursement pèserait particulièrement sur "le pouvoir d'achat" des Français, poursuit-il : "en effet (...) ce sont nos concitoyens qui ont recours à l'homéopathie qui devront s'acquitter de cette dépense qui peut s'élever à plusieurs dizaines d'euros par mois". Le prix augmenterait par ailleurs "automatiquement", avec une TVA plus élevée pour les produits non remboursés, ajoute l'élu.

Diane Lacaze avec AFP