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Le patron de Lubrizol France insiste pour que l'usine de Rouen redémarre au plus vite

L'usine est "un gros contributeur fiscal" pour l'agglomération rouennaise, où elle emploie directement ou indirectement quelque 2.200 personnes, explique Frédéric Henry, président de Lubrizol France.

L'usine est "un gros contributeur fiscal" pour l'agglomération rouennaise, où elle emploie directement ou indirectement quelque 2.200 personnes, explique Frédéric Henry, président de Lubrizol France. - Lou BENOIST-AFP

Frédéric Henry, président de Lubrizol France, met indirectement la pression sur les pouvoirs publics en estimant que l'usine de Rouen, à l'arrêt depuis l'incendie du 26 septembre, ne pourra rester inactive durant 6 mois. "Ce serait pour nous synonyme d'arrêt pur et simple" explique-t-il dans L'Usine Nouvelle, brandissant la menace d'une fermeture du site avec ses 370 emplois.

"Si nous ne redémarrons pas, nos clients iront voir ailleurs" explique le président de Lubrizol France, Frédéric Henry, dans un entretien à L'Usine Nouvelle.

"Si nous redémarrons alors que nos clients ont trouvé d’autres solutions, notre usine n’aura plus de raison de fonctionner. Nous ne pourrons pas rester à l’arrêt pendant six mois. Si c’était le cas, ce serait pour nous synonyme d’arrêt pur et simple" complète le dirigeant de la filiale française dont l'usine chimique de Rouen est à l'arrêt depuis qu'un violent incendie, le 26 septembre, a détruit son entrepôt de produits finis.

Tout en brandissant la menace de la fermeture de l'usine, le dirigeant met indirectement la pression sur les pouvoirs publics en relevant:

"nous sommes un gros contributeur fiscal pour la métropole de Rouen ainsi qu’un grand donneur d’ordre en termes d’investissement, de maintenance et de sous-traitance. Si l’on totalise les emplois de Lubrizol (370), ceux des sous-traitants directs, les emplois indirects et les emplois induits, on arrive à 2 200 emplois".

Pour justifier la menace d'une fermeture de l'usine, il explique: "ce type d'usine de se déménage pas. Cela n’a rien à voir avec une usine de machines-outils par exemple", il s'agit d'un vaste complexe "très capitalistique" où s'entremêlent des bacs, des tuyauteries et des pompes. Il écarte aussi tout report de l'activité du site de Rouen sur d'autres usines en France: "renforcer nos deux autres sites français n’est pas envisageable car ce ne sont pas les mêmes usines."

Lubrizol France fournit la moitié des additifs fabriqués en Europe. Lors de l'incendie du 26 septembre, 5253 tonnes de produits chimiques ont brûlé sur l'usine de Rouen et 4252 tonnes de produits sur le site de Normandie Logistique (parmi lesquels 1691 tonnes de produits Lubrizol).

Frédéric Bergé