BFM Business

Le coup de gueule des compagnies aériennes françaises rivales d'Air France

Le syndicat Scara des compagnies aériennes autonomes, déplore l'absence d'aides spécifiques aux compagnies aériennes françaises, en dehors d'Air France.

Le syndicat Scara des compagnies aériennes autonomes, déplore l'absence d'aides spécifiques aux compagnies aériennes françaises, en dehors d'Air France. - Martin Bureau-AFP

Le syndicat des compagnies aériennes autonomes déplore que le soutien financier de l'État soit réservé à Air France Il dénonce une "distorsion de concurrence inacceptable" qui devrait accélérer "la disparition des compagnies aériennes françaises."

Les compagnies aériennes françaises rivales d'Air France estiment que l'État les abandonne. Selon le Scara (Syndicat des compagnies aériennes autonomes), qui revendique de réunir plus de 50% des compagnies aériennes françaises, "en décidant de limiter son soutien aux seules industries du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) et à Air France, c'est tout un pan de la chaîne de valeur du transport aérien (...) que l'État a décidé d'abandonner en pleine crise du Covid-19.

Le Scara demandait déjà fin avril "qu’un fonds d’un montant d’un milliard d’euros, proportionnel à ce qu’Air France a obtenu de l’État, soit mis en place en urgence pour aider les compagnies aériennes françaises n’appartenant pas au groupe Air France à faire face à la crise actuelle et à préparer leur avenir".

"Une distorsion de concurrence inacceptable"

Pour ce syndicat, "le choix de soutenir la seule compagnie Air France au détriment des toutes les autres compagnies aériennes françaises conduit à une distorsion de concurrence inacceptable" soulevant une interrogation quant à la compatibilité de cette aide avec les règles de concurrence européennes, alors que la Commission européenne a validé ce plan de soutien.

Pour Air France, les prêts français se décomposent en 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l'Etat et 3 milliards de prêt direct de l'Etat, avec en contrepartie des engagements sur l'amélioration de sa rentabilité et sur la réduction de ses émissions de CO2.

Le syndicat des compagnies rivales d'Air France pointe aussi la contradiction qu'il a relevé dans l'argumentation du gouvernement développée lors de la présentation du plan de soutien à l'aéronautique, le 9 juin dernier.

Dans le document justifiant les 15 milliards d'aides à ce secteur industriel, il est évoqué le fait que "les compagnies aériennes, malgré l'arrêt presque complet de leurs revenus, doivent faire face à des coûts non opérationnels importants (frais de personnel, coûts fixes, coûts financiers pour la constitution des flottes...). Elles sont donc dans une situation difficile, qui nécessite pour nombre d'entre elles un soutien renouvelé de leurs autorités nationales ou de leurs actionnaires."

L'absence de soutien spécifique aux compagnies aériennes (en dehors d'Air France) risque selon le Scara "d'accélérer le mouvement de disparition des compagnies aériennes françaises déjà sévèrement attaquées par une concurrence étrangère". 

Frédéric Bergé