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La justice japonaise prolonge la garde à vue de Carlos Ghosn jusqu'au 10 décembre

Le puissant patron, qui a été révoqué de Nissan et Mitsubishi Motors mais reste PDG de Renault

Le puissant patron, qui a été révoqué de Nissan et Mitsubishi Motors mais reste PDG de Renault - Kazuhiro Nogi - AFP

Le tribunal de Tokyo a approuvé vendredi la prolongation de la garde à vue de Carlos Ghosn pour une durée de 10 jours supplémentaires, soit jusqu'au 10 décembre, ont rapporté les grands médias japonais.

Le tribunal de Tokyo a approuvé vendredi la prolongation de la garde à vue de Carlos Ghosn pour une durée de 10 jours supplémentaires, soit jusqu'au 10 décembre, ont rapporté les grands médias japonais. A cette date, le puissant patron, qui a été révoqué de Nissan et Mitsubishi Motors mais reste PDG de Renault, pourra être libéré sans charge ou inculpé. Il a été arrêté le 19 novembre sur des soupçons de dissimulation de revenus.

Pour le moment, les faits reprochés ne sont pas clairement établis et la justice japonaise n'a pas dévoilé les motifs exacts de son arrestation. En France, on a initialement parlé -à tort- de soupçons de fraude fiscale. Carlos Ghosn se verrait plutôt reproché le fait d'avoir certifié, en tant que PDG de Nissan, des rapports financiers en sachant pertinemment qu'ils comportaient des inexactitudes dans le détail de ses propres revenus, 1 milliard de yens manquant à l'appel (soit environ 7,7 millions d'euros sur cinq années). C'est en réalité le seul chef d'accusation qui a été communiqué par le bureau du procureur en charge de cette affaire.

Fuites chez Nissan

Les accusations d'abus de biens sociaux émanent en effet des déclarations du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa. Lors de la conférence de presse faisant suite à l'arrestation de Carlos Ghosn, le dirigeant japonais avait évoqué des faits d'abus de biens sociaux "très graves". C'est par la suite la presse japonaise qui a donné plus de détails, mais ne citant pas de source pour ces informations. Ces fuites émaneraient d'une enquête interne de Nissan dont les éléments ont été transmis à la justice. 

Chez Renault, on n'a officiellement toujours pas pris connaissance de cette enquête interne, nous a assuré une porte-parole du groupe ce lundi. C'est d'ailleurs ce qui a poussé le constructeur français à rester prudent, en nommant une direction par intérim mais en ne retirant pas à Carlos Ghosn son poste de PDG. Ce n'est pas le cas chez Nissan, à l'origine de l'enquête visant son dirigeant et qui a pris la décision la semaine dernière de le révoquer de sa position de président du conseil d'administration. Mitsubishi, sous contrôle de Nissan depuis 2016, a logiquement pris la même décision ce lundi.

Pascal Samama avec AFP