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L'Union européenne n'a pas renouvelé son contrat avec AstraZeneca, en tout cas pour l'instant

Le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton le 16 décembre 2020 à Bruxelles

Le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton le 16 décembre 2020 à Bruxelles - Kenzo TRIBOUILLARD © 2019 AFP

Sur France Inter, le commissaire européen Thierry Breton a indiqué ce dimanche que Bruxelles n'avait "pas renouvelé la commande après juin" avec AstraZeneca, tout en laissant planer le doute pour savoir si le non-renouvellement actuel signifiait une fin de non-recevoir définitive.

Sans surprise, L'Union européenne a décidé de ne pas renouveler son contrat avec AstraZeneca pour la fourniture de vaccins contre le Covid-19. En tout cas pour l'instant. L'annonce a été confirmée par le commissaire européen au commerce intérieur Thierry Breton sur France Inter, ce dimanche. "Nous n'avons pas renouvelé le contrat (avec AstraZeneca) après le mois de juin. On verra, on regarde ce qu'il se passe", a-t-il déclaré.

Relancé par ses intervieweurs pour savoir si le non-renouvellement actuel signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin AstraZeneca, Thierry Breton a laissé planer le doute. "Ce n'est pas encore fait, attendez", a-t-il dit. "On a commencé" les renouvellements de contrat avec Pfizer/BioNTech mais "on en aura d'autres", a-t-il dit.

Le Commissaire européen au Marché intérieur n'a ainsi pas totalement fermé la porte à un renouvèlement de la commande dans le futur, rappelant qu'il s'agissait d'un "très bon vaccin".

Mal aimé, notamment en France, le vaccin d'AstraZeneca a l'avantage d'être bien moins cher que les concurrents à ARN messager et bien plus facile à stocker. S'en priver totalement dans le futur représenterait forcément un risque en cas de pénurie chez les autres laboratoires.

Interrogé par la presse à Strasbourg sur l'avenir du contrat européen avec AstraZeneca, le président français Emmanuel Macron a lui aussi maintenu l'incertitude. Le vaccin d'AstraZeneca "nous aidera à la sortie de crise", a-t-il relevé, de Strasbourg où il donnait le coup d'envoi de la Conférence sur l'avenir de l'Europe.

"Mais pour répondre aux variants, on voit que d'autres vaccins sont aujourd'hui plus efficaces", a-t-il poursuivi, en soulignant le "pragmatisme" dont l'UE avait toujours fait preuve sur la question des vaccins.

Le 16 avril, la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait déjà prévenu sur BFMTV que le non-renouvellement du contrat était "la plus grande probabilité", après des mois de tensions avec le laboratoire. Une semaine plus tard, l'UE a d'ailleurs entamé une action en justice contre le laboratoire qui n'a pas respecté les termes du contrat en matière de livraisons, selon Bruxelles.

Gros retards

Mais les critiques européennes sont univoques depuis plusieurs semaines face aux retards pris par le laboratoire. "On avait commandé 120 millions de doses pour le premier trimestre et 180 millions pour le deuxième trimestre" expliquait le même Thierry Breton mi-avril sur BFMTV. "Il se trouve qu'au premier trimestre, ils n'en ont livré que 30 millions, ce qui a créé des problèmes que tout le monde a vus" et "ils n'en livrent que 70 millions au second trimestre". Et de trancher alors : "Ma priorité en tant que responsable des vaccins, c'est que ceux avec lesquels nous contractualisons livrent exactement en temps et en heure, voire plus".

Samedi, l'Union européenne a annonce une nouvelle commande d'1,8 milliard de doses pour le vaccin de Pfizer/BioNTech.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business