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L'armée française commande des avions de renseignement taillés pour la guerre électronique

Le ministère français de la Défense a commandé les deux premiers avions de renseignement du programme Archange pour intercepter les émissions radio et radar ennemies. Bardés d'équipements électroniques, ils seront basés sur l'avion d'affaires Falcon 8X de Dassault Aviation.

Le ministère français de la Défense a commandé il y a quelques jours les premiers avions du programme Archange (Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération). Ils sont destinés à intercepter les émissions radio et radar ennemies, dans la cadre de mission de renseignement et de détection de signaux d'origine électromagnétique (radar, notamment).

Ce programme militaire repose sur trois avions d'affaires Falcon 8X de Dassault Aviation équipés d'une "capacité universelle de guerre électronique" (CUGE) développée par l'industriel Thales. Ce triréacteur, en version avion d’affaires, peut transporter 8 passagers et 3 membres d’équipage sur une distance de 12.000 km.

L'intelligence artificielle pour traiter mieux les signaux captés

La commande de deux premiers aéronefs bardés d'électronique aux deux industriels permettra de renforcer les capacités françaises en matière de renseignement d'origine électromagnétique.

"Le système permettra pour la première fois de détecter et d'analyser simultanément les émissions radio et les signaux radar", selon Thales, qui "fournira des antennes multi-polarisation, ainsi que ses technologies d'intelligence artificielle qui permettent d'améliorer les traitements automatiques". "Le niveau de performances attendu des Falcon Archange nécessite un travail d'intégration très poussé", explique de son côté Dassault Aviation.

Le programme Archange vise à remplacer à partir de 2025 les deux "vieux" avions Transall C160 Gabriel entrés en service dans l'armée de l'Air en 1989. Ces avions restent bien présents sur les théâtres d'opération à l'étranger sur lesquels les forces françaises sont engagées.

En 2011, ils avaient ainsi aidé à établir une cartographie des défenses anti-aériennes libyennes, préalable nécessaire au déclenchement des raids aériens. Dans le ciel irakien, ils ont notamment servi à écouter les transmissions des jihadistes pour mieux les repérer.

Frédéric Bergé avec AFP