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L'allemand Adidas s'inquiète d'une "guerre des monnaies" entre la Chine et les Etats-Unis

Adidas réalise 6% de ses revenus en Allemagne, contre près de 45% sur les marchés chinois et américains réunis.

Adidas réalise 6% de ses revenus en Allemagne, contre près de 45% sur les marchés chinois et américains réunis. - Ethan Miller-Getty Images North America-AFP

Le président du directoire de l'équipementier sportif allemand Adidas s'est inquiété ce jeudi du début de "guerre des monnaies" entre la Chine et les États-Unis. Et pour cause, ces deux marchés représentent à eux seuls 45% de son activité.

Beaucoup plus que d'une avalanche de tarifs douaniers entre les Etats-Unis et la Chine, Adidas s'inquiète désormais du début de "guerre des monnaies" entre les deux super-puissances, menaçant de créer une "situation où tout le monde va perdre", a déclaré Kaspar Rorsted, président du directoire, lors d'une conférence téléphonique. Un tel affrontement "ralentira progressivement l'économie" des pays concernés, estime-t-il.

Concernant Adidas, qui ne réalise que 6% de ses recettes en Allemagne, contre près de 45% sur les marchés chinois et américains réunis, "une dévaluation sévère de la monnaie chinoise (aura) un impact sévère sur notre activité", a ajouté le patron danois.

Si plusieurs grandes monnaies perdaient de leur valeur face à l'euro, Adidas verrait mécaniquement ses ventes et ses marges perdre de la valeur traduites dans la monnaie unique européenne. Dans le passé, il a souvent eu à souffrir d'effets de change défavorables, comme en 2013 avec la dévaluation du rouble.

Pour le moment, l'équipementier sportif affiche une forme olympique sur le plan économique. Son bénéfice net d'avril à juin 2019 ayant augmenté de 34% sur un an, à 531 millions d'euros, dépassant les attentes d'analystes. Le chiffre d'affaires, à 5,5 milliards d'euros, a augmenté de 4,7%, contre 4% en données corrigées des effets de change.

La marque phare Adidas a progressé de 4%, grâce au sportswear, tandis qu'elle a reculé dans le football, privé par rapport à l'an dernier de l'effet Mondial en Russie. Propriété d'Adidas, la marque américaine Reebok a, elle, vu ses ventes repartir de l'avant (+3%) grâce à ses produits classiques et elle a été rentable sur le trimestre souligne Kaspar Rorsted.

Les ventes en lignes du groupe ont progressé de 37% et la Chine a, une nouvelle fois, (+14%) tiré les deux marques. L'Amérique du Nord, avec une hausse de 6%, est parvenue à doubler sa performance par rapport au premier trimestre, quand Adidas n'avait pas pu fournir assez vite ce marché en textiles recherchés par les consommateurs. En Europe, un marché proche de la saturation, ses ventes sont restées stables, parvenant à arrêter un recul observé depuis l'an dernier jusqu'à mars.

Frédéric Bergé avec AFP