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Comment Veolia compte devenir le roi de la transition écologique

Invité sur BFM Business, Antoine Frérot, PDG de Veolia, est revenu sur les 5 milliards d'euros que son groupe prévoit d'investir au cours des quatre prochaines années pour faire du géant du traitement de l'eau et des déchets un groupe de référence en terme environnemental.

Devenir "l'entreprise de référence pour la transition écologique". C'est là toute l'ambition du nouveau plan de Veolia baptisé "Impact 2023" révélé vendredi 28 février. Le leader mondial du traitement de l'eau et des déchets a, en effet, dévoilé un plan de cessions-acquisitions sur quatre ans qui prévoit 5 milliards d'euros d'investissements et la cession de 3 milliards d'euros d'activités.

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Invité dans l'émission 12H L'Heure H ce lundi, Antoine Frérot, a tenu à en détailler les tenants et les aboutissants. Ce nouveau plan intervient alors que la multinationale tricolore a dégagé un bénéfice net de 624,9 millions en 2019 (soit une hausse de 41,8% par rapport à 2018 pour un chiffre d'affaires en progression de 4,8% à 27,19 milliards d'euros) et aspire aujourd'hui se concentrer sur des activités à forte valeur ajoutée.

"Impact maximum"

"C'est un nouveau contexte particulier et jamais la priorité environnementale n'a été aussi forte. Alors bien évidement ceci oriente notre programme stratégique pour les quatre ans qui viennent avec tout d'abord, une priorité: faire en sorte que chacune de nos activités apporte l'impact maximum sur le plan environnemental", explique le patron de Veolia.

"Nous avons au cours des huit dernières années montré, prouvé que nos discours étaient suivis d'actions, de réalisations et de résultats et de ce que nous allons encore faire au cours de ces quatre prochaines années. Apporter l'impact maximum sur chacune de nos activités, cela veut dire accélérer vigoureusement certaines d'entre elles, mais ça veut dire également faire des choix (…) et donc également modifier un petit peu notre portefeuille d'activités", souligne le patron de Veolia.

Stratégie bien orchestrée

Cette réallocation des actifs du spécialiste du traitement de l'eau et des déchets n'est pas nouvelle en soi. Depuis dix ans, deux plans ont été mis en oeuvre afin notamment de redresser les finances du groupe. 

"Là nous rentrons dans une nouvelle phase avec des choix plus vigoureux, plus affirmés, l'accélération forte sur un certain nombre de domaines comme par exemple le traitement des déchets toxiques, principal poison pour la nature, mais aussi le recyclage de plastiques, ou bien l'efficacité énergétique et dans d'autres segments où nous allons plutôt ralentir l'activité pour pouvoir financer la première", détaille Antoine Frérot pour qui la priorité aujourd'hui tient donc avant tout au fait de se concentrer sur les activités les plus efficaces en matière de traitement des matières polluantes. A commencer par les déchets industriels toxiques et les émissions de carbone.

"On a même commencé à céder des activités matures pour nous, celles sur lesquelles nous n'avons plus de voies pour créer de la richesse", poursuit le PDG de Veolia, évoquant notamment des réseaux de chaleur aux États-Unis ou des activités de collectes de déchets, là où "Veolia ne peut pas avoir beaucoup d'impact ou pas plus d'impact que les autres. Celles-là nous intéressent moins", conclut-il.

Julie Cohen-Heurton