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C. de Maistre (PDG de Siemens France): "nous préservons l'intégrité d'Alstom"

Christophe de Maistre, le PDG de Siemens France, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 18 juin.

Christophe de Maistre, le PDG de Siemens France, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 18 juin. - -

Le président-directeur général de Siemens France, sur BFM Business ce mercredi 18 juin, a tenté de démontrer en quoi l'offre conjointe avec Mitsubishi sur Alstom était meilleure que celle de General Electric.

Au lendemain d'une journée de tractation de l'exécutif de Siemens et Mitsubishi pour défendre leur offre sur Alstom, le président-directeur général de la filiale française du groupe allemand venait faire le service après-vente sur BFM Business, ce 18 juin.

Christophe de Maistre a expliqué en détail pourquoi l'offre nippo-germanique était meilleure que celle de l'Américain General Electric, qui doit en dévoiler la version définitive lundi 23 juin.

> Sur le délai pour formuler l'offre

Entre l'annonce de Siemens de son intention de déposer une offre, et son dépôt effectif, il s'est écoulé quasiment un mois. Au point que les observateurs commençaient à douter des intentions réelles du concurrent allemand.

"Pour faire une belle offre, il faut du temps", a expliqué Christophe de Maistre. La lettre d'intention déposée le 26 juin par Siemens visait à demander "accès aux mêmes informations [que GE, ndlr] et l'octroi d'un peu de temps".

Temps qui a été mis à profit pour discuter "avec l'ensemble des parties prenantes: l'Etat, les actionnaires, le board d'Alstom, les clients d'Alstom, qui sont souvent les mêmes que les nôtres, pour savoir quel était le schéma industriel qui apportait de la valeur".

> Sur la frilosité des salariés d'Alstom sur une coopération avec Siemens

Certes, les salariés de GE et d'Alstom travaillent déjà ensemble, notamment à Belfort en France. "Nous aussi, nous partageons à Grenoble la même cantine que notre concurrent Schneider Electric", ironise le dirigeant.

"Nous avons rencontré trois fois les représentants syndicaux d'Alstom. Je ne serais pas étonné qu'ils s'expriment en notre faveur maintenant que nous leurs avons exposé notre projet".

> Sur l'avenir d'Alstom avec Siemens et Mitsubishi

"Nous préservons l'intégrité d'Alstom. En cela, nous sommes complètement différentiant", plaide Christophe de Maistre.

"L'indépendance énergétique de la France ne se négocie pas sur un coin de table, aux États-Unis ou ailleurs. Pour un pays comme la France, qui n'a pas de ressources énergétiques propres, c'est un enjeu stratégique". Or l'offre des deux industriels garantit que "les turbines qui font tourner les réacteurs nucléaires, fabriquées par Alstom, resteront dans son giron".

> Sur l'activité turbine à gaz, la vache à lait d'Alstom

Dans l'offre proposée, Siemens ne semble s'intéresser qu'à l'activité la plus juteuse du groupe français: les turbines à gaz. "Nous consolidons l'activité turbine à gaz, nous lui apportons du cash. Avec Mitsubishi, nous apportons plus de 7 milliards en liquidité. De quoi désendetter le groupe et relance la R&D".

En outre, "Mitsubishi a une technologie turbine à gaz, qu'il apporte dans la corbeille", rappelle le PDG de Siemens France. "Ce n'est pas un deal financier mais un deal industriel", martèle-t-il.

> Sur l'activité transport

Siemens apporte "l'ensemble de son activité ferroviaire, signalisation, électrification. Tout. C'est important, parce que nous sommes leader, avec une forte avance sur nos compétiteurs dans le domaine de la signalisation". Cette activité, une des plus rentables du secteur ferroviaire, "est en outre en forte croissance", pointe-t-il.

"Les 28.000 personnes du transport sont complètement laissées de côté [par l'offre de GE, ndlr]. Cela donne un groupe de 5,5 milliards qui n'est pas viable en l'état. Nous proposons l'Europe du rail de manière officielle et engageante."

> Sur l'éventuelle entrée de l'Etat au capital d'Alstom

Selon des informations de presse, l'Etat pourrait prendre 10% du capital d'Alstom. Ce qui pourrait convenir aux offrants: "Mitsubishi est un groupe qui, outre sa grande réputation industrielle, s'engage toujours sur le long terme. A ce titre, il veut trouver un équilibre dans l'actionnariat d'Alstom."

N.G.