BFM Business

Bruxelles s'attaque à Gazprom

Gazprom est notamment accusé de pratiquer des prix "inéquitables" dans plusieurs pays

Gazprom est notamment accusé de pratiquer des prix "inéquitables" dans plusieurs pays - Yuri Kadobnov - AFP

La Commission européenne accuse le géant russe du gaz d'abus de position dominante, ce mercredi 22 avril. Elle reproche notamment à Gazprom de facturer des prix inéquitables dans plusieurs pays de l'UE.

C'est tout un symbole auquel la Commission européenne a décidé de faire face. Ce mercredi 22 avril, Bruxelles accuse le géant russe du gaz Gazprom d'abus de position dominante dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale.

Gazprom "pourrait avoir érigé des obstacles artificiels empêchant l'acheminement du gaz de certains pays d'Europe centrale et orientale vers d'autres, entravant ainsi la concurrence trans-frontière", a affirmé la commissaire en charge du dossier, la Danoise Margrethe Vestager.

"Le cloisonnement des marchés nationaux du gaz a aussi permis à Gazprom de facturer des prix que nous jugeons, à ce stade, inéquitables", a-t-elle ajouté, une semaine après s'en être pris au géant américain Google.

"Si nos préoccupations venaient à se confirmer, Gazprom devrait assumer les conséquences juridiques de son comportement", a-t-elle insisté.

Ces pratiques concernent huit États membres: Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Slovaquie. A ce stade, le groupe russe s'est vu adresser une "communication des griefs" de la Commission européenne, suite à une enquête ouverte par Bruxelles en août 2012.

Gazprom a réagi quelques minutes après, affirmant dans un communiqué juger "infondées les objections présentées par la Commission européenne".

9 milliards d'euros en jeu

Le groupe a désormais 12 semaines pour répondre et peut demander à être entendu afin de présenter ses arguments. "Pour l'instant, la situation est ouverte. Nous attendons la réponse de Gazprom. A ce stade, toutes les voies sont ouvertes", a affirmé Margrethe Vestager lors d'une conférence de presse.

Gazprom risque dans le pire des cas une amende allant jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires mondial, soit plus de 9 milliards d'euros. En 2013, Gazprom a enregistré un chiffre d'affaires de 5.249 milliards de roubles (93 milliards d'euros au cours de lundi). Les résultats pour 2014 n'ont pas encore été publiés.

"Le gaz est un bien essentiel pour notre vie quotidienne: il permet de chauffer nos maisons, nous l'utilisons pour faire la cuisine et produire de l'électricité. Le maintien d'une concurrence équitable sur les marchés européens du gaz est par conséquent de la plus haute importance", a souligné Margrethe Vestager.

J.M. avec AFP