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British Steel finalement racheté par le chinois Jingye

British Steel

British Steel - Lindsey Parnaby / AFP

La maison-mère de British Steel, Olympus Steel, avait acquis l'aciérie Ascoval, elle-même en difficulté, en mai dernier. Le gouvernement français a toujours assuré que la faillite de British Steel ne fragilisait pas cette reprise.

Epilogue d'une étrange affaire. En mai dernier, le tribunal de grande instance de Strasbourg validait la reprise de l'aciérie Ascoval par British Steel, jeune poids lourd de la sidérurgie britannique. Avec cette reprise, British Steel sauvait alors l'emploi des 270 salariés de l'aciérie qui attendait un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries.

Deux semaines plus tard, une autre information tombe: British Steel a fait faillite à son tour, la liquidation est ordonnée. Face à ce tollé, Bercy a immédiatement assuré que "cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe." En l'occurrence, Olympus Steel Limited, détenue à 100% par le fonds d’investissement britannique Greybull Capital, a acquis Ascoval. Et British Steel n’est qu’une des filiales d’Olympus Steel Limited. Le plan de cession a d'ailleurs été modifié, en juillet dernier, par le TGI de Strasbourg.

Une usine à Hayange

Quant à British Steel, l'entreprise a donc trouvé son acquéreur. Il s'agit du Chinois Jingye, implanté à Shijiazhuang, dans le Hebei, la province qui entoure Pékin. Le groupe produit du fer mais a aussi un pied dans le tourisme et l'immobilier.

La reprise concerne principalement le complexe sidérurgique géant de Scunthorpe, dans le nord-est de l'Angleterre mais aussi une usine à Hayange en Moselle, qui produit des rails. Le montant de la reprise n'a pas été indiqué. La BBC évoque 81 millions d'euros mais une source proche du dossier a démenti ce chiffre à l'AFP.

Inquiétudes pour l'acier européen

La recherche d'un sauveur pour British Steel dure depuis des mois et a fait l'objet de rebondissements: un projet de reprise par le fonds de pension de l'armée turque Oyak ne s'est pas concrétisé à l'expiration d'une période d'exclusivité il y a quelques jours.

Les aciéristes européens ont récemment pointé du doigt la concurrence chinoise pour expliquer leurs difficultés, en plus du ralentissement économique mondial, des incertitudes liées au conflit commercial sino-américain et au Brexit.

Thomas Leroy, avec l'AFP