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British Steel fait faillite mais Ascoval échappe à la liquidation

British Steel

British Steel - Lindsey Parnaby / AFP

« L'entreprise en liquidation poursuit son activité et fournit ses clients pendant que je réfléchis aux options la concernant » a affirmé l'administrateur judiciaire. Ascoval ne sera pas concerné par la procédure de liquidation.

Coup dur pour British Steel. Le sidérurgiste britannique a fait faillite, ont annoncé mercredi les autorités au Royaume-Uni. « La Haute cour a ordonné la liquidation de British Steel Limited. L'administrateur judiciaire officiel a été nommé comme liquidateur », a annoncé le gouvernement britannique.

Cette décision intervient à peine une semaine après la reprise de l'aciériste Ascoval. Bercy a rapidement réagi en assurant que le site français n’était pas concerné par la procédure de liquidation. « Cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe » indique le ministère de l'Economie dans un communiqué. « Le plan d’affaire à la reprise ne dépendait pas des activités britanniques du groupe, ni industriellement, ni pour son plan de financement qui n’est pas remis en cause. » En effet, Olympus Steel Limited, détenue à 100% par le fonds d’investissement britannique Greybull Capital, a acquis Ascoval. Et British Steel n’est qu’une des filiales d’Olympus Steel Limited.

Concurrence chinoise

La faillite de British Steel était une éventualité annoncée depuis une semaine, faute d’argent frais. Ces difficultés ne sont « pas une surprise » expliquait d’ailleurs sur BFM Business, mercredi dernier, Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’Etat à l’économie, quand les annonces sur la fragilité de l’entreprise britannique ont émergé. « British Steel rachète Ascoval car ils ont des problèmes sur le marché britannique et c’est la raison pour laquelle ils viennent en Union européenne, à cause du Brexit (…) Nous avons tout de même tenu à ce que British Steel nous confirme qu’ils étaient capables d’assumer toutes leurs responsabilités vis-à-vis d’Ascoval. C’est-à-dire, les investissements qui sont prévus. »

British Steel est né du rachat de la division européenne de produits longs du géant indien Tata Steel (rails, section de construction) au printemps 2016 par le fonds d'investissement Greybull Capital. Greybull a misé sur la sidérurgie européenne malgré l'afflux dans cette zone géographique de masses d'acier à prix cassé importé de Chine et alors que les repreneurs de sites en difficulté ne se bousculent pas. Il a choisi en outre de bâtir un groupe européen à partir du Royaume-Uni en pleine incertitude sur le Brexit, avec à la clé des échanges potentiellement moins fluides avec le continent.