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Alliance Renault-Nissan: l’après Carlos Ghosn a déjà commencé

Les administrateurs de Nissan et Renault s'interrogent sur les successeurs à donner à Carlos Ghosn.

Les administrateurs de Nissan et Renault s'interrogent sur les successeurs à donner à Carlos Ghosn. - Martin BUREAU / AFP

Alors qu’un conseil d’administration doit trancher la question aujourd’hui chez Nissan, l’actuel patron de Michelin serait pressenti pour venir gérer la transition chez Renault.

Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré vont-ils survivre à la crise déclenchée par l’arrestation de Carlos Ghosn le 19 novembre? Une partie de leur avenir semble se jouer ce lundi. Nissan réunit en effet son conseil d’administration, en vue d’élire un successeur à Carlos Ghosn à la présidence du constructeur japonais. En France, Le Figaro croit savoir que Jean-Dominique Sénard, actuellement à la tête de Michelin, serait le meilleur candidat pour devenir président de Renault.

Le patron de Michelin chez Renault?

Les services du Premier ministre et du Président de la République considéreraient l’administrateur délégué de Michelin comme le meilleur candidat de leur short-list pour prendre la présidence. Thierry Bolloré resterait lui directeur général, soit chargé de l’opérationnel. Jean-Dominique Sénart assurerait ainsi une forme de transition suite à la crise actuelle que traverse l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Mais cette transition ne s’opérera pas tout de suite. Le 13 décembre, Renault a en effet confirmé Carlos Ghosn à son poste de président, jugeant les éléments fournis par Nissan comme ceux qui ressortent de l’enquête interne lancée chez Renault insuffisants pour le révoquer. Ensuite, Jean-Dominique Sénart ne prendra sa retraite chez Michelin que l’an prochain. Enfin, si l’Etat détient 15% des parts de Renault, une majorité est nécessaire pour choisir un nouveau président.

Quel successeur chez Nissan?

L’incertitude règne aussi chez Nissan. Le constructeur japonais veut en effet choisir le successeur par les administrateurs restants après la révocation de leurs fonctions de Carlos Ghosn et de son bras droit, Greg Kelly. Les trois administrateurs chargés de proposer des candidats (dont un ancien responsable chez Renault) n’avaient cependant pas réussi à s’accorder sur un candidat. Un moment évoqué, le nom d’Hiroto Saikawa, l’actuel directeur général de Nissan, ne semble pas faire consensus. "Cela ralentit les choses mais ce n'est pas la fin du monde. Mieux vaut ne pas se précipiter", souligne une personne au fait des discussions, rapporte l’AFP.

La question de la succession de Carlos Ghosn de part et d’autre pose également la question de l’avenir de l’Alliance. Son directoire est en effet présidé par Carlos Ghosn, avec autour de lui huit personnes, quatre issus de Nissan, quatre issus de Renault. Nissan avait demandé la semaine dernière l’ouverture d’une enquête sur Renault Nissan BV, la structure néerlandaise qui incarne juridiquement l’Alliance. Selon le Wall Street Journal, Thierry Bolloré aurait adressé une lettre aux administrateurs de Nissan pour leur demander de réunir au plus vite une assemblée générale des actionnaires.

Pauline Ducamp