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Carlos Ghosn s'apprêtait à remplacer le PDG de Nissan quand il a été arrêté

Au moment de son arrestation, Carlos Ghosn prévoyait de limoger Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan.

Au moment de son arrestation, Carlos Ghosn prévoyait de limoger Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan. - Behrouz MEHRI / AFP

Avant son arrestation, l’alors président de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, prévoyait de limoger le dirigeant du constructeur japonais, rapporte le Wall Street Journal ce dimanche.

De l’eau au moulin de ceux qui présumaient qu’un agenda de politique interne avait précipité la chute de Carlos Ghosn. Celui qui était alors président de l’alliance Renault-Nissan a été arrêté juste après que son avion privé a atterri à Tokyo le 19 novembre dernier, sur des soupçons de fraude fiscale. Or il prévoyait à ce moment-là de destituer le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, selon le Wall Street Journal qui cite des sources au fait du dossier.

Quelque temps avant son arrestation, Carlos Ghosn aurait dévoilé à quelques personnes son intention de se séparer du PDG de Nissan. Le dirigeant de l’alliance était en effet "mécontent du processus décisionnel" d’Hiroto Saikawa, raconte le Wall Street Journal. Les sources du Journal évoquent également des différences de culture entre les deux hommes, des divergences de vue sur la stratégie, et des disputes récurrentes.

Hiroto Saikawa devient président de Nissan

Carlos Ghosn avait abandonné le poste de directeur général du constructeur japonais en 2017, justement au profit d'Hiroto Saikawa. Le dirigeant de Renault aurait donc dû faire valider le changement de direction de Nissan à son conseil d’administration. Il avait justement prévu de le faire lors d’un conseil prévu le 22 novembre, selon l’une des sources du Wall Street Journal. Au lieu de cela, Carlos Ghosn a été arrêté, et le conseil d’administration s’est bien réuni comme prévu, mais pour voter sa destitution de la présidence du groupe.

De son côté, Hiroto Saikawa est devenu président par intérim de Nissan. Dans une lettre à ses salariés dévoilée dans la presse le 23 novembre, il confirmait la véracité des faits reprochés à Carlos Ghosn et insistait sur leur gravité. "Ce que nous avons trouvé dans notre enquête interne est intolérable. Vous seriez certainement surpris si vous lisiez vous-mêmes les résultats. Les experts sollicités nous ont dit que les conclusions de l'audit sont largement suffisantes pour justifier l'éviction", y expliquait Hiroto Saikawa, avant d'inviter les salariés de Nissan à coopérer avec les autorités. 

Pendant ce temps, Carlos Ghosn est toujours incarcéré au Japon. Les procureurs décideront lundi 10 décembre de l’inculper ou de le relâcher. Ils pourraient aussi décider de le maintenir en détention pour dix jours supplémentaires, et de continuer leur enquête.

Nina Godart