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Les salariés de Nissan vont être "surpris" par ce que Ghosn a fait, assure le nouveau patron

Le président par intérim de Nissan, Hiroto Saikawa, est revenu dans une lettre aux salariés sur l'affaire Carlos Ghosn, condamnant une nouvelle fois le dirigeant et se voulant rassurant pour l'avenir du groupe japonais et de sa collaboration avec Renault.

C'est l'un des protagonistes principaux de l'affaire Carlos Ghosn. A la lumière de l'enquête interne menée par Nissan sur son principal dirigeant, le Japonais Hiroto Saikawa était le premier à s'exprimer publiquement dès lundi dernier, suite à l'arrestation de son ex-mentor.

L'an dernier, Carlos Ghosn lui confiait les rênes opérationnelles de l'entreprise, ne conservant que la présidence du conseil d'administration. Un retournement de situation qui vaut désormais à Hiroto Saikawa le surnom de Brutus, pour avoir d'une certaine manière "tuer le père". Depuis la destitution de Carlos Ghosn, officialisée hier par Nissan, il se présente comme le nouvel homme fort du constructeur japonais. Et dans une lettre envoyée aux salariés du groupe nippon et consultée par Les Echos, il revient indirectement sur les faits reprochés à Carlos Ghosn, sans toutefois mentionner directement le nom du dirigeant, précise le quotidien économique

Une "éviction justifiée" par l'enquête interne

"Ce que nous avons trouvé dans notre enquête interne est intolérable. Vous seriez certainement surpris si vous lisiez vous-mêmes les résultats. Les experts sollicités nous ont dit que les conclusions de l'audit sont largement suffisantes pour justifier l'éviction", explique Hiroto Saikawa, avant d'inviter les salariés de Nissan a coopérer avec les autorités qui vont mener "des perquisitions et des saisies dans certains de vos lieux de travail". 

Malgré ce contexte, et au même titre que les ministres de l'Economie français et japonais la veille, Hiroto Saikawa tient à défendre la pérennité de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

"Fondamentalement, les événements ne doivent avoir aucune conséquence sur notre partenariat avec Renault et Mitsubishi, donc nous ferons de notre mieux pour stabiliser les relations entre les trois groupes [...]. Plus que jamais, nous devons collaborer plus étroitement", écrit-il.

Un dirigeant très ému par la situation

"J'ai utilisé le mot ressentiment lors de la conférence de presse de lundi. En réalité, je ne savais pas trop quel mot utiliser pour exprimer mes sentiments, je n'ai pas encore digéré l'affaire. C'est très dur, je me suis même interrompu à un moment pendant mon discours parce que je ne pouvais pas continuer", confie le dirigeant japonais. 

La lettre est conclue de manière assez originale, Hiroto Saikawa revenant sur la passion toujours intacte des fans de Nissan:

"Après cette intervention à Tokyo (la conférence de presse suite à l'arrestation de Carlos Ghson), j'ai fait un détour par Ginza (l'ancien siège de Nissan). Notre musée était beau et ensoleillé. Même après les annonces, les gens se baladaient et appréciaient leur visite."

Julien Bonnet