BFM Business

Florange : le bras de fer continue entre Mittal et le gouvernement

Les hauts fourbeaux de Florange (Moselle)

Les hauts fourbeaux de Florange (Moselle) - -

Arnaud Montebourg a annoncé mercredi avoir trouvé un repreneur pour le site de Florange mais Lakshmi Mittal, pdg du groupe ArcelorMittal, refuse toujours de céder la totalité du site. L’idée d’une nationalisation transitoire séduit beaucoup les salariés.

A deux jours de la fin du délai pour trouver un repreneur aux hauts fourneaux de Florange, le bras de fer se poursuit et se durcit entre Mittal et l’Etat français. L’industriel indien n’a pas cédé à la menace de nationalisation et souhaite toujours se séparer des hauts fourneaux et de toute la filière « liquide », c’est-à-dire la production d'acier brut, qui emploie 650 personnes, mais veut conserver « l'aval », c'est-à-dire la transformation d'acier en produits industriels élaborés qui, elle, rapporte de l’argent. Un partage qui n’est pas du goût du gouvernement. Selon les syndicats qui ont rencontré mercredi à Bercy le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le gouvernement serait prêt à nationaliser le site si le géant de l'acier n’accepte pas de vendre l’ensemble des infrastructures à un repreneur d'ici samedi. Un peu plus tôt dans la journée, Arnaud Montebourg avait annoncé à l'Assemblée nationale qu'un repreneur était prêt à investir 400 millions d'euros à Florange. « C’est un aciériste, un industriel », ce n’est « pas un financier », a annoncé le ministre. Mais jusqu’ici les efforts et les menaces n’ont rien changé : Lakshmi Mittal est resté totalement réfractaire à l’idée de vendre l’ensemble du site.

Des salariés inquiets

Mercredi, une trentaine de salariés d’ArcelorMittal étaient à Paris pour faire pression sur le gouvernement pour qu’il trouve une solution rapidement. Après un passage à l’Assemblée nationale, ils ont rencontré Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif. Le ministre leur a exposé les solutions de reprises qui existent aujourd’hui. Mais les salariés, eux, ne jurent que par la nationalisation. « Monsieur le président, lance Edouard Martin, délégué CFDT, signez l’aval pour nationaliser Florange, il n’y a pas d’autres solutions. Il n’y aura aucune négociation possible avec monsieur Mittal ». Et les salariés ont prévenu : « s’il faut, on ira à Matignon ».

« Je suis confiant »

Si les salariés sont inquiets, certains élus de Moselle, département dans lequel se trouve Florange, préfèrent garder bon espoir pour une issue favorable dans cette guerre industrielle. « Je suis confiant, explique sur RMC Michel Liebgott, député socialiste de Moselle qui croit à une issue favorable pour Florange. Si les choses ne se faisaient pas, je serais extrêmement fâché et découragé de l’image politique que nous pourrions donner. Là, on a l’opérateur industriel, les financeurs, l’usine, les salariés, le savoir-faire et les clients. Tout est donc réuni. Si cela ne se faisait pas, il faudra qu’on nous explique pourquoi. Mais ça me paraîtrait incompréhensible, tout socialiste que je suis ».

T.de Dieuleveult avec J.Zeghoudi