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Face au "Far West" du télétravail, la CGT demande davantage d'encadrement

Une personne en télétravail depuis son domicile, le 14 août 2021 à Los Angeles

Une personne en télétravail depuis son domicile, le 14 août 2021 à Los Angeles - Chris DELMAS © 2019 AFP

Selon la CGT, le télétravail doit être mieux encadré par le gouvernement pour prévenir les dérives.

Les dangers du télétravail sur la santé des salariés, l'égalité hommes/femmes, le fonctionnement des collectifs de travail doivent inciter l'État et les entreprises à davantage de régulation, a réclamé lundi l'Ugict-CGT, en publiant sa deuxième enquête annuelle sur le sujet.

Selon cette enquête réalisée en interrogeant en ligne 14.830 salariés du public et du privé, le "télétravail en mode dégradé du premier confinement reste la norme", écrit le syndicat des cadres et ingénieurs CGT.

En 2021, le temps et la charge de travail ont augmenté pour 47% des répondants; et 60% des employeurs n'ont pas mis en place de dispositif pour garantir le droit à la déconnexion (contre 78% en 2020). 75% d'entre eux n'évaluent ni la charge de travail ni le temps de travail des salariés en télétravail.

La séparation entre vie professionnelle et vie personnelle s'estompe, deux tiers des répondants déclarant recevoir des sollicitations durant leurs périodes de congés, dont 10% systématiquement.

Des résultats "alarmants"

Huit parents sur 10 ont télétravaillé tout en s'occupant de leurs enfants. Les femmes sont davantage concernées (25% disent que cela a été fréquent, 20% des hommes), et 61% des femmes disent avoir dû assumer cette charge seules contre 31% des hommes. Pourtant, elles ont moins de latitude pour adapter leurs horaires. "C'est la double peine en matière d'égalité femmes/hommes", note Sophie Binet, co-secrétaire général de l'Ugict.

Les entreprises participent encore trop peu à la prise en charge de l'équipement de leurs salariés: seuls 10% des répondants disposent d'un siège ergonomique financé par l'employeur, 40% d'un écran adapté financé par l'employeur, si bien que 40% des personnes interrogées se plaignent de troubles musculosquelettiques (TMS) ou de migraines oculaires.

Autre victime du télétravail, le collectif de travail: pour plus de la moitié des répondants, notamment les manageurs, l'esprit d'équipe s'est dégradé. Deux tiers disent avoir senti de l'isolement en télétravail. Près d'un sur cinq (19%) présente un symptôme dépressif d'après l'échelle définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pourtant, moins de 2 managers sur 10 ont eu accès à une formation au management à distance. "On est dans une forme de far west du télétravail et les résultats alarmants de notre enquête démontrent le danger en matière de santé ou de délitement du collectif de travail. Nous interpellons donc fermement patronat et gouvernement", résume Sophie Binet.

P.D. avec AFP