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Voiture électrique: ces coins de France où l'on risque le plus la panne

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Les 15.000 bornes publiques de recharge sont très inégalement réparties dans l'Hexagone. Résultat: il est plus aisé de faire le plein d'électricité pour sa voiture en Ile-de-France qu'en Bourgogne-Franche Comté, dans les Hauts-de-France et le Grand Est.

Si la course à l'autonomie à laquelle se livrent les constructeurs de véhicules électriques est aussi cruciale, c'est aussi à cause des lacunes du réseau actuel des stations de recharge. Pourtant, la France fait des progrès en la matière. Même si notre pays est encore loin de l'objectif ambitieux de 100.000 bornes publiques pour la fin 2020, fixé par l'État, l'Hexagone compte désormais 14.799 points de recharge permettant de brancher un véhicule électrique, soit un tiers de plus qu'il y a un an. 

Mais leur répartition géographique reste très inégale. Le plus ou moins grand volontarisme de certaines régions explique en partie leur niveau d'équipement en borne de recharge électrique. "Certaines collectivités ont déposé très tôt des demandes de subvention publiques à l'Ademe. Elles commencent à avoir des réseaux de points de recharge qui arrivent à maturité. D'autres régions sont restées plus attentistes et se trouvent moins bien équipées comme le Grand Est ou l'ex-Limousin" explique-t-on chez Avere-France.

Les territoires du Nord et de l'Est sont les moins bien dotés

La carte établie par Avere-France avec le Gireve (groupement pour l’itinérance des recharges électriques de véhicule) est éclairante (cf infographie ci-dessous) à cet égard: les régions Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté apparaissent mal loties en nombre de points de recharge pour 100.000 habitants.

Du côté des départements, les moins bien dotés sont les plus ruraux: Cantal, Landes, Ardennes, Tarn, Creuse, Jura, Haute-Saône et la Somme. L'usage (et donc l'achat) des voitures électriques y reste contraint par la faible densité des bornes de recharge. Pour combler les "zones blanches", l'État a débloqué 10 millions d'euros au titre du programme d'investissements d'avenir. Reste à savoir comment sera répartie cette enveloppe.

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Les bornes de recharge se concentrent en fait là où existent les services d’autopartage électrique, adaptés aux zones urbaines denses comme Autolib. C'est ce qui explique en partie la concentration du parc de points de recharge sur trois régions: l’Ile-de-France (1.631 bornes), l’Auvergne-Rhône-Alpes (461) et la Nouvelle-Aquitaine (395).

En terme de département, Paris et les Hauts-de-Seine, toujours grâce à Autolib, sont les meilleurs élèves, avec respectivement 158 et 105 points de recharge pour 100.000 habitants. Mais il est aussi des départements ruraux fortement équipés, comme l’Indre-et-Loire (51 points de recharge pour 100.000 habitants), le Gers (45 points), les Deux-Sèvres (43 points) ou encore l’Eure-et-Loir (31 points).

L'Indre-et-Loire précurseur de la mobilité électrique

Le cas de l'Indre-et-Loire, dont Tours est la préfecture, est intéressant. Ce département a été l'un des précurseurs en matière de mobilité électrique. Via le Sieil (syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire), il fut le premier à déposer un dossier de soutien financier auprès de l’Ademe (agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Aujourd'hui, le Sieil mise sur plus de 400 points de recharge, à la fin de 2016.

En Vendée, l’installation de bornes de recharge en nombre aurait même permis de dynamiser les ventes. L’électrique y représente 2,4% du marché automobile local, soit plus du double de la part nationale des véhicules électriques, explique Avere-France.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco