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Tarif d'Enedis: le régulateur a décidé trop rapidement estimeJean-François Carenco

Jean-François Carenco est pressenti pour présider la Commission de régulation de l'énergie

Jean-François Carenco est pressenti pour présider la Commission de régulation de l'énergie - AFP

Pressenti à la présidence de la Commission de régulation de l'énergie, le préfet d'Ile-de-France, Jean-François Carenco, estime que le désaccord né entre le régulateur et l'État concernant le tarif rémunérant le distributeur d'électricité Enedis a été clos trop rapidement.

"Je crois que si j'étais arrivé avant que le problème soit réglé, évidemment que j'aurais dû politiquement -au meilleur sens du terme- donner tort au gouvernement", a déclaré Jean-François Carenco. Auditionné mardi 7 février devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, ce haut-fonctionnaire de 64 ans est revenu sur le bras de fer qui a opposé fin 2016 le gouvernement à la Commission de régulation de l'énergie (CRE). 

"Je ne trouve pas normal que la CRE ait répondu en 48 heures à la deuxième sollicitation de la ministre, quelle que soit la réponse au fond", a-t-il dit. "Deuxième chose qui me fâche, sur Enedis, je ne pense pas qu'il appartienne à une société d'État de soulever une question de constitutionnalité", a-t-il ajouté. 

Bataille autour du tarif d'acheminement de l'électricité 

Le régulateur du marché français de l'énergie avait décidé fin 2016 une augmentation moyenne au 1er août de 2,71% du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (appelé Turpe 5), moins que demandé par Enedis, avec un impact à la hausse de 2% en moyenne sur la facture d'électricité des ménages.

Mais la ministre de l'Énergie Ségolène Royal lui avait demandé mi-janvier de revoir sa copie, jugeant que le nouveau tarif proposé ne tenait pas suffisamment compte de la transition énergétique et de la mutation des réseaux électriques qu'elle induit. Une demande refusée par la CRE, dont la décision a été publiée au Journal officiel fin janvier. Enedis a toutefois déposé un recours devant le Conseil d'État et une question prioritaire de constitutionnalité. 

Fin janvier, le président de la République avait indiqué envisager de nommer Jean-François Carenco à la présidence de la CRE en remplacement de Philippe de Ladoucette, dont le mandat arrive à échéance en février. Cette nomination doit être validée par les commissions intéressées de chacune des assemblées. Jean-François Carenco, qui sera auditionné prochainement au Sénat, a notamment été directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l'Écologie et de l'Énergie. 

A.M. avec AFP