BFM Business

Pollution dans les grandes villes: les maires sous pression papale

Le Pape François a invité les représentants de 60 métropoles mondiales à débattre du climat à Rome. (image d'illustration)

Le Pape François a invité les représentants de 60 métropoles mondiales à débattre du climat à Rome. (image d'illustration) - Dennis Jarvis - Flickr - CC

Le Vatican accueille pendant deux jours les représentants des grandes métropoles de la planète -dont la maire de Paris, Anne Hidalgo- pour aborder les questions du réchauffement climatique et de la traite des êtres humains.

Pour l'Etat du Vatican, plutôt habitué aux processions et autres célébrations solennelles, ce rassemblement de politiques est une première. Jusqu'au 22 juillet, une soixantaine de maires, issus de tous les continents, vont échanger et débattre avec les autorités religieuses et des représentants de l'ONU.

Parmi les participants figurent Anne Hidalgo, maire de Paris (France), Bill de Blasio, pour la ville de New-York (Etats-Unis) ou encore Karine Wanngard, venue de Stockholm (Suède). Alors que se déroule en même temps à Paris le "Sommet des consciences pour le climat" (auquel participent d'ailleurs des religieux) ce symposium est une nouvelle occasion pour le pape François de prouver que l'Eglise s'intéresse de près aux questions environnementales. 

Dans un communiqué, une douzaine de maires, membres de "l'Alliance des ville carbo-neutres (CNCA)", précise le but de cette rencontre. Un rendez-vous co-organisé par les Académies pontificales de Sciences et de Sciences Sociales et l'ONU, alors même que le Saint-Siège n'est pas un état membre de l'organisation, mais dispose du statut "d'observateur permanent". 

"Il s'agit de se concentrer sur la façon dont les villes ou les communautés religieuses peuvent coopérer de la manière la plus efficace possible pour lutter contre la pollution et éviter l'appauvrissement des générations futures" 

Le rôle de l'Eglise salué par les participants...

En préambule à leurs travaux, les différentes délégations qui ont fait le déplacement jusqu'à Rome ont pris la parole pour présenter leurs actions au quotidien. Dans son allocution, diffusée en ligne via l'application Périscope, Anne Hidalgo a, elle, salué le travail des prélats sur les questions environnementales :

"L'Eglise aujourd'hui s'est pleinement emparée de ces questions et tend à remplir avec une force extraordinaire sa mission de conscience de la mondialisation". 

Bill de Blasio, fondateur de la CNCA et maire de New-York (Etats-Unis), s'est montré admiratif envers le pape François. Il voit en lui "un leader mondial sur les questions du changement climatique et des inégalités de revenus". 

... mais critiqué par certains milieux conservateurs

Du côté de certains fidèles, et notamment parmi les catholiques issus des milieux les plus conservateurs, cette collaboration entre les Nations-Unies et l'Eglise passe mal. En cause, certaines positions diamétralement opposées, à l'image de la "santé reproductive" (avortement, contraception) ou du thème de la famille (mariage homosexuel). D'après l'agence catholique d'information, Zenit, le chancelier de l'Académie des Sciences sociales a tenu à clarifier certains points lors d'une conférence de presse. "L'ONU n'est pas le diable, mais des tendances de la droite voient l'ONU comme le diable. Or, ça n'est pas la position de l'Eglise !" a donc précisé Monseigneur Sorondo. 

Antonin Moriscot