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Energie

Plafonnement du prix du gaz: Madrid et Paris critiquent le dispositif proposé par Bruxelles

Le dispositif proposé par la Commission européenne visait à plafonner pour un an, à partir du 1er janvier, les prix des contrats mensuels (pour livraison le mois suivant) sur le marché gazier néerlandais TTF, la "Bourse du gaz" européenne.

Le gouvernement espagnol a accusé mercredi la Commission européenne de se "payer la tête du monde" avec sa proposition visant à plafonner temporairement le prix du gaz, assurant qu'il allait s'y "opposer fortement". Paris, de son côté, a dénoncé un "affichage politique".

"Nous avions demandé à la Commission européenne qu'elle élabore une proposition et, à la dernière minute, elle nous présente cette proposition, qui n'en est pas une", a déclaré à la presse la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, qualifiant de "plaisanterie" le mécanisme souhaité par Bruxelles.

"Ce que cette proposition va générer est à l'opposé de l'effet recherché: elle va provoquer une augmentation plus importante des prix, mettant en péril toutes les politiques de maîtrise" de l'inflation, a poursuivi la ministre, accusant la Commission de "se payer la tête du monde".

A sa suite, le ministère français de la Transition énergétique a critiqué mercredi un dispositif "insuffisant, qui ne répond pas à la réalité du marché".

"Il faut que la Commission propose un texte opérationnel, pas simplement un texte qui fait de l'affichage politique et qui peut avoir potentiellement des effets pervers ou nuls", a tancé le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher.

La Commission européenne a proposé mardi un mécanisme temporaire permettant de plafonner les prix de gros sur le marché gazier de référence de l'UE, mais avec des conditions très drastiques afin de convaincre les États membres réticents vis-à-vis d'un tel dispositif.

Une proposition "insuffisante"

Cette proposition est "clairement insuffisante" et "ne va pas dans la bonne direction", a protesté le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, à l'issue d'une rencontre avec son homologue roumain Nicolae Ciuca à Castellon, dans l'est de l'Espagne.

Selon Teresa Ribera, la proposition de la Commission suscite une "forte indignation chez une majorité d'États membres". Madrid va s'"opposer fortement" à ce mécanisme lors de la réunion jeudi des ministres européens de l'Énergie, a-t-elle prévenu.

"La Commission va entendre des choses très dures de la part de la grande majorité des ministres", a-t-elle ajouté, en appelant Bruxelles à "faire une proposition sérieuse".

"Sinon, nous allons toute simplement cesser de soutenir les propositions de la Commission sur d'autres questions qui pourraient être importantes pour elle", a-t-elle mis en garde.

Un mécanisme déclenché au-delà de 275 euros/MWh

Le dispositif dévoilé par Bruxelles consiste à plafonner pour un an les prix des contrats mensuels sur le marché néerlandais de référence TTF. Il se mettrait automatiquement en place dès que ces prix dépasseraient 275 euros/MWh pendant deux semaines consécutives.

Or, les contrats mensuels n'ont dépassé 275 euros/MWh cette année que lors d'une très brève période fin août, avec un pic à environ 350 euros, quand les Vingt-Sept se faisaient concurrence pour remplir leurs réserves. Et les prix évoluent actuellement autour de 120 euros.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de la Commission a confirmé qu'au vu des conditions du mécanisme, ce dernier n'aurait pas été déclenché lors de la flambée des prix du mois d'août, où le plafond de 275 euros n'avait été dépassé que durant moins de deux semaines. Pour autant, "nous avons conçu" ce mécanisme "pour anticiper et éviter que cette situation ne survienne à l'avenir", a-t-elle précisé.

N.L.C. avec AFP