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Les industriels s’opposent à une hausse de la taxe sur l’électricité

Une hausse du plafond de la taxe sur l'électricité coûterait cher en compétitivité selon les industriels.

Une hausse du plafond de la taxe sur l'électricité coûterait cher en compétitivité selon les industriels. - -

Les industriels réclament la suppression d'un amendement au collectif budgétaire 2013 concernant la taxe sur l'électricité. Ce projet pourrait faire grimper la facture de 22% sur les sites industriels en 2014, selon leurs représentants.

Les industriels français grondent contre les parlementaires. Ces derniers ont décidé, vendredi 6 décembre, à l'occasion du collectif budgétaire, de revoir l’exonération de taxe sur l’électricité ( la CSPE) dont bénéficient les industries grandes consommatrices d’énergie. Ces dernières ont demandé la suppression de cet amendement, lundi 9 décembre.

La CSPE, contribution au service public de l’électricité, est une taxe dont s’acquittent les ménages et les entreprises pour financer les missions de service public d’EDF. Cette taxe, qui sert aux énergies renouvelables et aux tarifs sociaux de l’électricité, va augmenter d’au moins trois euros par mégawattheure en 2014.

Mais les industries très énergivores profitent d’exonérations. Actuellement, le montant de la taxe dont ils s'acquittent ne peut pas dépasser 569.418 euros ou 0,5% de la valeur ajoutée de la société.

Une situation à laquelle le projet de loi de finances rectificatif pour 2013 pourrait bien mettre fin. Adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, un amendement déposé par Christian Eckert, rapporteur général PS du Budget, prévoit d’augmenter le plafond de la taxe par site de consommation.

Une hausse de 22% de la taxe

Concrètement, les industries électro-intensives, qui représentent à elles seules près de 20% de la consommation d’électricité, pourraient devoir bien plus cher pour leur courant.

"La conséquence immédiate, dès 2014, est d'augmenter de 22% la CSPE de nombreux sites industriels fortement consommateurs d'énergie, souvent déjà en situation difficile", explique l’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden) qui comprend 41 adhérents dont Renault, la SNCF, ou encore Saint-Gobain.

Elle dénonce une mesure "sans doute adoptée par méconnaissance de ses conséquences" et demande à ce que l’amendement soit supprimé en seconde lecture. Pour l'Uniden, une hausse de la taxe sur l’électricité serait "un mauvais coup pour la compétitivité industrielle française" face aux autres pays européens.

A.D. avec AFP