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Le Japon relance un réacteur nucléaire arrêté depuis cinq ans

Un réacteur nucléaire arrêté depuis 5 ans a redémarré vendredi 12 août au Japon, où seulement deux autres fonctionnent actuellement sur un parc réduit à 42 unités après l'accident de Fukushima.

Le Japon n’a pas renoncé à produire de l’électricité d’origine nucléaire. Dans un communiqué, la compagnie Shikoku Electric Power indique avoir "remis en service ce vendredi 12 août à 09H00, heure locale, l’unité 3 de la centrale d’Ikata." Selon la direction du site, ce réacteur devrait commencer à générer du courant à partir du lundi 15 août. Toutefois l’exploitation commerciale du courant électrique issu de cette unité ne devrait débuter qu’en septembre. Après d’ultimes contrôles de sécurité.

Le réacteur Ikata 3 qui emploie du combustible Mox, c'est-à-dire un mélange d’oxydes d’uranium et plutonium recyclés, avait été arrêté fin avril 2011 pour une maintenance de routine, mais il n'avait pu redémarrer normalement en raison de l'entrée en vigueur de nouvelles normes plus strictes envers les risques de catastrophe naturelle, d'accident d'avion ou d'attentat.

Pour qu'il soit relancé, il a fallu de nouveaux examens et un certificat technique de l'Autorité de régulation nucléaire japonaise, ainsi que le feu vert des autorités locales. 

Un recours en justice intenté par des opposants 

Des opposants ont annoncé avoir déposé un recours en justice pour interrompre le processus de remise en exploitation commerciale de ce réacteur. Ils estiment que les installations, situées en bord de mer, ne sont pas suffisamment calibrées pour résister à des secousses sismiques de l’ampleur de celles susceptibles de se produire dans cette région.

Estimant que les leçons de la catastrophe nucléaire de Fukushima, survenue en mars 2011, n’ont toujours pas été tirées, les écologistes japonais ont réaffirmé leur refus de voir redémarrer les installations nucléaires de l’archipel.

La population est également majoritairement contre la relance des réacteurs nucléaires souhaitée par le gouvernement de Shinzo Abe pour des raisons essentiellement économiques. Le mouvement d’opposition initié fin 2011 s’est toutefois essoufflé ces dernières années.

Un parc nucléaire réduit au strict minimum

A l'heure actuelle, ne fonctionnent au Japon que les réacteurs Sendai 1 et 2, également situés dans le sud-ouest. Ils ont été relancés respectivement en août et octobre 2015. Compte tenu des règles en vigueur, ils devraient être de nouveau stoppés en septembre 2016 pour le premier et décembre 2016 pour le second, afin de subir un entretien obligatoire de routine d'une durée de deux mois minimum. 

Le Japon, dont le parc nucléaire a été ramené à 42 tranches (contre 54 avant l'accident de Fukushima) compense l'absence de production électrique d'origine nucléaire par l'exploitation de centrales thermiques et une petite augmentation de la part de l'électricité issue des énergies renouvelables. Les particuliers et entreprises essaient en outre d'utiliser des éclairages et équipements moins énergivores.

A.M. avec AFP