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Le gouvernement face aux défis de la transition énergétique

Pendant 6 mois les tables rondes vont s'enchaîner afin de definir la stratégie de la France en matière de transition énérgétique.

Pendant 6 mois les tables rondes vont s'enchaîner afin de definir la stratégie de la France en matière de transition énérgétique. - -

Le débat sur la transition énergétique, piloté par le ministère de l’Ecologie, s'ouvre ce jeudi. Il s’agit de définir les stratégies pour que la France passe de la dépendance au nucléaire aux énergies renouvelables. Le nerf de la guerre reste le financement.

Ce jeudi 29 novembre débute la mise en œuvre d’un des grands chantiers promis par François Hollande : celui de la transition énergétique. Le Conseil national en charge du sujet a tenu cet après-midi sa première réunion, dont le thème est de définir la stratégie pour réduire la dépendance de la France au pétrole et au nucléaire tout en développant de nouvelles ressources, plus espectueuses de l’environnement. Cette transition ne pourra également se faire sans mettre en œuvre en parallèle une réduction de la consommation.

On l’aura compris, la tâche est titanesque, et la diversité des parties prenantes ne va pas faciliter l’avancée des travaux. Aux côtés de la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, un comité de pilotage, composé de 6 sages, va chapeauter les tables-rondes où vont prendre part associations de consommateurs, organisations syndicales, élus locaux, parlementaires, industriels et aussi des ONG environnementales. Greenpeace et Les Amis de la Terre ont cependant renoncé à y participer, pour manifester leur désaccord sur la composition initiale du comité de pilotage.

Les débats vont s’étaler sur plusieurs mois, au moins jusqu’en février. L’objectif ést d’aboutir à une loi de programmation pour 2013. Pour cela, il va falloir enfin trouver des accords sur quatre thèmes qui n'en finissent pas d'alimenter le débat.

> Parvenir à un accord sur le gaz de schiste

François hollande a promis de se passer de la fracturation hydraulique. Les 7 demandes de permis d’exploration d’hydrocarbures sur le territoire ont ainsi été rejetées du fait des inquiétudes que cette technique d’exploitation fait peser l’environnement. Mais le gaz de schiste n’est pas pour autant envoyé aux oubliettes. Le rapport Gallois estime que son exploitation pourrait relancer la compétitivité Un argument repris ce jour par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Reste à mettre en place des technologies d’exploitation propres.

> Ne pas trop alourdir la facture des ménages

Se déplacer, se chauffer, s’éclairer vont coûter de plus en plus cher à l’avenir. Rien que pour l’électricité, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que son prix devrait grimper de 30 % dans les 4 ans à venir. La solution la plus simple est de réduire les dépenses énergétiques, notamment au sein des habitations.

Le gouvernement doit lancer en 2013 un ambitieux plan de rénovation thermique des logements. Il table sur une mise aux normes thermique de 1 million de logements, neufs et anciens. Mais là aussi, il va falloir trouver les financements. La construction de bâtiments à basse consommation, par exemple, entraine un surcoût de 10 à 20%.

> Réduire la part du nucléaire

Selon les objectifs définis par François Hollande, la France doit réduire le poids du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % actuellement à 50 % d’ici 2025. Le sort de Fessenheim a lui aussi fixé : la plus vieille centrale française doit fermer ses portes à la fin de 2016, comme l'a réaffimé ce jeudi Delphine Batho.

Ce calendrier fixé, il faut maintenant déterminer comment l’appliquer, en mettant en place des énergies de remplacement mais aussi en trouvant le financement pour démanteler les réacteurs à l’arrêt. Tout en permettant de garder les prix attractifs actuellement proposés grâce au nucléaire, et conserver la même qualité de service, récemment saluée dans une étude du cabinet KPMG .

> Donner enfin leur chance aux énergies renouvelables

La France est fortement dépendantes des énergies fossiles, les énergies renouvelables étant encore au stade embryonnaire dans l’hexagone. Les forts investissements qu’elles nécessitent ont jusqu’à présent été un frein. Pour cela, l’’Etat s’est par exemple engagé à racheter l’électricité photovoltaïque à un prix supérieur à celui du marché, afin d’inciter les industriels à se lancer dans ce secteur.

La Commission de régulation de l’énergie estime ainsi que le soutien aux énergies renouvelable va coûter 3 milliards d’euros en 2013. D’autres secteur comme l’éolien, la biomasse, l'énergie marine ont aussi une carte à jouer lors de ces débats.

Coralie Cathelinais