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"Fessenheim est suffisamment sûre"

François Hollande s'est engagé à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Bas-Rhin, avant la fin 2016.

François Hollande s'est engagé à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Bas-Rhin, avant la fin 2016. - -

Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, a pris à contre-pied les associations anti-nucléaires, qui ont manifesté jeudi à Paris. Pour lui, la centrale de Fessenheim peut vivre jusqu'à 2017, voire 2020.

"Nous pouvons arrêter une centrale à tout moment, pour des raisons de sureté. Le gouvernement le peut aussi pour d’autres raisons." Comprendre, pour des raisons économiques et/ou politiques. Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a apporté sa vision au sujet de la centrale de Fessenheim. Invité de BFM Business, il s’est montré extrêmement clair : "Fessenheim est suffisamment sûre pour pouvoir aller plus loin. Jusqu’a 40 ans, c’est-à-dire 2017-2020."

Des associations dénoncent "une situation schizophrénique" de l'Etat

Il prend ainsi le contre pied de deux associations anti-nucléaires alsaciennes, soutenues par le réseau Sortir du nucléaire, qui ont défendu jeudi à Paris la fermeture de la centrale pour des raisons de sûreté.

"Fessenheim est situé sur une zone sismique et ne serait plus construite aujourd'hui à cet endroit", a expliqué un militant anti-nucléaire. "La centrale est aussi exposée à des inondations car située 9 mètres en dessous du niveau du grand canal d'Alsace, qui la jouxte, et le radier (socle de béton soutenant un réacteur) a été jugé trop faible par l'Autorité de sûreté nucléaire".

"L'Etat est dans une situation schizophrénique car d'un côté il s'est engagé à fermer Fessenheim, et de l'autre, il est actionnaire à 84% d'EDF qui veut dépenser des millions pour pouvoir poursuivre l'activité sur ce site".

Environ 30 milliards d'euros pour fermer une centrale

François Hollande s'est engagé à fermer Fessenheim d'ici fin 2016 et à ramener de 75 à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique français d'ici 2025. Mais dans le cadre de l'examen du parc nucléaire français, l'Autorité de sûreté nucléaire a demandé un renforcement de ses installations, qui coûterait plusieurs dizaines de millions d'euros.

Pierre-Franck Chevet, lui, a fait état d’un coût de "30 milliards d’euros" pour l’arrêt complet d’une centrale nucléaire, "même s’il existe une part d’incertitude." Une somme qui est obligatoirement provisionnée, car "la loi l’oblige".

Une chose est sûre, le feuilleton Fessenheim est loin d'être terminé.

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