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Le charbon serait responsable de 23.000 décès par an en Europe

Selon les ONG Réseau Action Climat et WWF, la pollution générée par l'usage du charbon tuerait 23.000 personnes par an en Europe. (image d'illustration)

Selon les ONG Réseau Action Climat et WWF, la pollution générée par l'usage du charbon tuerait 23.000 personnes par an en Europe. (image d'illustration) - Patrick Stollarz - AFP

Publié par plusieurs ONG environnementales, un rapport analyse les impacts sur la santé des centrales thermiques européennes fonctionnant au charbon.

Le charbon a tué, et continue de tuer. Tel est le message délivré par WWF, l’Alliance pour la santé et l’environnement, le Réseau action climat Europe et Sandbag. Quatre associations écologistes qui militent pour la fermeture rapide des centrales thermiques à charbon encore en fonctionnement dans le monde.

Intitulé "Le nuage noir de l’Europe: comment les pays utilisant du charbon rendent leurs voisins malades", le rapport rédigé par leurs experts pointe les impacts sur la santé en 2013 des centrales européennes à charbon. Un document qui s'appuie sur les données disponibles pour 257 usines sur les 280 que compte ce territoire. 

Ainsi, d’après les rédacteurs de ce document, les émissions des centrales au charbon "ont provoqué en 2013 22.900 morts prématurées" mais aussi "des dizaines de milliers de cas de maladies cardiaques, bronchites et cancers". Un impact sanitaire non-négligeable qui aurait engendré cette année-là un "coût global de 32,5 à 63,3 milliards d’euros".

30 centrales responsables de "la moitié des décès" 

Les particules fines, libérées lors de la combustion du charbon, constituent "l’ingrédient le plus toxique" de la pollution, avant le mercure qui "endommage le système nerveux". En 2013, ces particules fines ont fait "environ 19.000 morts, soit 83% au total". D’un diamètre inférieur à 2,5 microns, elles pénètrent profondément dans le système respiratoire et le sang. Ces particules ont aussi la particularité de pouvoir se déplacer loin de leurs lieux d’émission. Ainsi, les rédacteurs attribuent "plus de la moitié des morts prématurées" au fonctionnement "de 30 centrales" de l'Union européenne. 

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En outre, les ONG estiment que cinq pays ont provoqué plus de décès au-delà de leurs frontières que sur leur territoire. Sont ici classés, la Pologne (4.690 morts prématurées à l’étranger), l’Allemagne (2.490), la Roumanie (1.660), la Bulgarie (1.390) et le Royaume-Uni (1.350).

En France, quatre centrales à charbon sont encore en fonctionnement. Cependant, l’Hexagone "est lourdement impacté par les centrales de ses voisins" notent les ONG. qui rappellent que 30 centrales -les plus polluantes- sont responsables de la moitié des décès annoncés.

A.M. avec AFP