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Les banques se désengagent progressivement du charbon

A l'approche de la COP21, la Société Générale annonce renoncer à ses investissements dans le secteur minier (image d'illustration)

A l'approche de la COP21, la Société Générale annonce renoncer à ses investissements dans le secteur minier (image d'illustration) - Jeremy Buckingham - Flickr - CC

Décriées par les mouvements écologistes, BNP Paribas et la Société Générale, qui financent les industries du charbon, veulent désormais limiter leur part de responsabilité en matière de réchauffement climatique.

Les banques françaises tentent de redorer leur blason environnemental. Alors que la COP21 s'ouvrira dans moins de 15 jours à Paris, la Société Générale et BNP Paribas (partenaire de l'événement) ont annoncé à 24 heures d'intervalle une diminution progressive des financements qu'elles accordent aux industries du charbon. 

Pour l'une comme pour l'autre, l’arrêt des financements affectés aux mines de charbon sera mondial. En ce qui concerne le soutien financier des centrales thermiques à charbon, les positions de la Société Générale et de BNP Paribas différent quelque peu. Toutes deux avancent qu’elles ne financeront plus les installations des "pays de l’OCDE à revenus élevés".

Du côté de la Société Générale, des capitaux continueront à être versés aux pays émergents comme la Russie, l’Inde, la Chine ou encore l’Afrique du Sud afin "d’accompagner leur transition énergétique". Pour BNP Paribas cela se fera au cas par cas, selon des critères précis: consultation des populations locales, engagement du pays hôte dans la COP21, réduction des émissions de GES. 

Les énergies renouvelables désormais plus aidées 

En parallèle, dans son communiqué, la Société Générale annonce son intention de doubler les financements affectés aux projets concernant les énergies renouvelables d’ici à 2020. En interne, la banque annonce s’est fixé comme objectif de réduire de 20% ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) à l’horizon 2020 par rapport à 2014.

La direction de BNP Paribas s'engage elle à multiplier par deux ses financements dans ce secteur qui passeront ainsi de 6,9 milliards d'euros en 2014 à 15 milliards d'euros en 2020. Une manière pour ces banques de s’inscrire dans une trajectoire visant à limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici à la fin du siècle. 

Des actions en réponse à la pression des écologistes 

Comme le rappelle le quotidien "Les Échos", les établissements bancaires tournant progressivement le dos au charbon, une énergie fossile particulièrement néfaste pour le climat sont peu nombreux. Si la ce club jusqu'alors très fermé s'agrandit progressivement, c'est en partie en raison de la pression exercée par certaines ONG à l'encontre de ces banques.

Depuis mai 2015, l'association "Les Amis de la Terre", basée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) mène donc campagne contre six des principales banques françaises: Crédit Agricole, Société Générale, la Banque Populaire, BNP Paribas, Caisse d'Épargne et Crédit Mutuel.

Depuis le début de cette campagne, le Crédit Agricole, et Natixis, filiale de la Banque populaire Caisse d'Épargne ont eux aussi cédé et ne financeront plus ces activités controversées. 

Antonin Moriscot