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La start-up française Neoen veut désormais stocker l'énergie "verte" qu'elle produit

Xavier Barbaro, le PDG de Neoen.

Xavier Barbaro, le PDG de Neoen. - Capture BFM Business

VIDÉO - Xavier Barbaro, le PDG de Neoen était ce mardi l'invité de BFM Business. Il a indiqué que sa société, spécialisée dans la production d'énergie, allait se concentrer sur les moyens de stockage de l'électricité produite pas ses centrales solaires et ses fermes éoliennes.

Neoen est la start-up française de tous les superlatifs. Fondée en 2008, cette société est à l'origine de la plus importante centrale photovoltaïque d'Europe. Inaugurée en 2015 à Cestas, près de Bordeaux (Gironde), une installation occupant une superficie équivalente à celle de 350 terrains de football. D'une puissance de 300 mégawatts (MW), l'ensemble permet de répondre aux besoins d'une ville de 300.000 habitants. 

Début décembre, Neoen a mis en service le parc éolien de Hornsdale. Situé en Australie, il va permettre d'alimenter 30.000 logements en électricité. Afin de pallier l'intermittence de production des turbines, l'entreprise a doté ce site de la plus grande batterie de stockage au monde. Une installation de 100 MW conçue en partenariat avec Tesla. La société fondée par l'américain Elon Musk a simplement fourni ses batteries lithium-ion à la start-up française.

"Nous avons construit cet équipement en seulement 63 jours, précise Xavier Barbaro. Comme un Lego géant, on ajoute batterie après batterie, convertisseur après convertisseur. Le plus compliqué étant de trouver le site, le raccordement et le business model qui va avec le projet."

Le stockage de l'électricité, nouveau défi des énergéticiens 

"On disait, il y a quelques années, que les énergies renouvelables étaient un problème. Aujourd'hui, les énergies renouvelables et le stockage sont des solutions permettant d'équilibrer le réseau électrique et d'assurer la continuité de l'alimentation électrique même en cas de black-out", souligne Xavier Barbaro. Le PDG de Neoen est bien conscient "qu'à l'échelle d'un État, la batterie n'est pas la solution pour pallier la production intermittente des sources renouvelables. Mais plusieurs batteries peuvent l'être."

Le chef d'entreprise cite ainsi l'exemple des barrages français, qu'on peut considérer comme des batteries géantes puisqu'ils peuvent récupérer l'électricité invendue produite par les centrales nucléaires en utilisant cette énergie pour pomper l'eau située en aval et la stocker pour produire de l'électricité au moment nécessaire. "Aujourd'hui, l'hydraulique est au service du nucléaire dont la production est continue. Les barrages permettent de suivre la courbe de demande. Demain, l'hydraulique pourrait boucher les trous de production des renouvelables", espère-t-il.

Xavier Barbaro rêve de centrales solaires plus grandes 

Alors que les coûts de production de l'éolien et du solaire baissent -selon Xavier Barbaro ils se situent autour de 50 euros du mégawattheure contre 100 euros/MWh pour le nucléaire- les énergéticiens ne sont toujours pas autorisés à développer des projets à très grande échelle.

"En France, il y a un côté infantilisant. On nous dit qu'il faut faire de petites centrales solaires", regrette le patron de Neoen. "Il y a des endroits où l'on pourrait faire des grandes centrales solaires mais aujourd'hui on ne peut pas exploiter plus de 30 MW de capacité, soit une superficie de 25 hectares. Il y a pourtant des friches industrielles, des anciens terrains militaires où l'on pourrait bâtir ces centrales plus grandes. Or, cela est interdit", déplore-t-il. 

Nouvelle levée de fonds de 245 millions d'euros

Afin de financer une quarantaine de projets solaires et éoliens en Australie, en Amérique latine et en Europe, Neoen vient de lever 245 millions d'euros auprès de la société d'investissement AMP Capital, basée à Sydney (Australie).

Neoen précise que cette somme permettra de financer un portefeuille de 1,6 gigawatt de projets "partagé entre 30% d'éolien et 70% de solaire". Sur les 42 projets concernés par cette opération, certains sont déjà en exploitation. Les autres seront mis en service "dans l'année qui vient" précise Xavier Barbaro, le PDG de l'entreprise.

Antonin Moriscot