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La directrice générale d'Engie met le cap sur le numérique

Isabelle Kocher a érigé le numérique parmi les priorités stratégiques d'Engie.

Isabelle Kocher a érigé le numérique parmi les priorités stratégiques d'Engie. - Philippe Lopez-AFP

"Isabelle Kocher accélère la conversion au numérique d'Engie en nommant un dirigeant chargé de ce dossier. Un premier chantier est lancé pour repenser son modèle de vente en misant sur des services innovants."

Pour la nouvelle direction d'Engie, la révolution numérique passe au rang des priorités stratégiques. Le symbole de cette mutation est le nouveau rôle confié à Yves Le Gélard, déjà directeur des systèmes d'information depuis 2015, désormais aussi en charge de la transformation numérique du groupe. 

En se dotant d'un chief digital officer (CDO), l'énergéticien ne fait que suivre les pas d'autres entreprises du CAC 40 comme L'Oréal, Legrand, Axa ou Accor, qui ont déjà leur chef d'orchestre de la transformation numérique. Isabelle Kocher, la nouvelle directrice générale du groupe, a aussi promu le nouveau CDO comme directeur général adjoint, au même niveau que les dix autres membres du comité exécutif incarnant la nouvelle direction du groupe.

Cette nomination illustre la priorité accordée par la patronne d'Engie au numérique. "Dans le cadre de notre ambitieux plan triennal de transformation pour devenir un pionnier du monde de l’énergie de demain, nous investissons massivement pour digitaliser l’entreprise, repenser l’expérience client et développer de nouveaux métiers" a déclaré Isabelle Kocher.

Les microcentrales d'énergie, un révolution qui attirent les nouveaux entrants

Dans la foulée, Accenture s'est vu confier par Engie la mission de "réinventer son modèle de commercialisation et créer les services digitaux susceptibles de bouleverser le marché". L'ambition de l'énergéticien consiste à explorer les services autour du véhicule électrique autonome ou à inventer de nouvelles applications dans le domaine des objets connectés domestiques.

La transformation numérique du modèle de commercialisation d’Engie concernera dans un premier temps ses marchés clés en Europe, à savoir la France, la Belgique et l’Italie. 

"L’évolution des attentes des consommateurs fait bouger les lignes de l’industrie de l’énergie et favorise l’arrivée de nouveaux entrants", commente Pierre Nanterme, PDG d’Accenture. Une allusion directe à la petite révolution que constitue, par exemple, le développement de microcentrales d'énergie. Cette révolution pour le métier pourrait intéresser de nouveaux acteurs du numérique comme Google et Amazon, par ailleurs grands consommateurs d'électricité pour leurs activités. Et déjà se dresse le spectre de l"uberisation" du métier d'énergéticien...

Frédéric Bergé