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L’Ukraine perd le match face à Gazprom

Le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé la reprise de la vente de gaz à l'Ukraine.

Le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé la reprise de la vente de gaz à l'Ukraine. - -

L’Ukraine va reprendre les importations de gaz russe, après une semaine d’interruption. Gazprom avait mis en garde jeudi contre les conséquences de cet arrêt sur l’approvisionnement européen.

Kiev s’incline face à Moscou. L’Ukraine, qui avait suspendu ses importations de gaz russe le week-end dernier les a finalement repris, a annoncé Gazprom ce vendredi 15 novembre. Jeudi, le groupe russe avait mis en garde contre des problèmes d’approvisionnement en Europe si l’Ukraine restait sur sa position.

L’Ukraine "a cessé de prélever du gaz dans les réservoirs souterrains et a recommencé à acheter du gaz russe en accord avec le contrat en vigueur", a déclaré le patron de Gazprom, Alexeï Miller, dans un communiqué sans plus de précisions. L'opérateur ukrainien n'a pas réagi pour le moment.

Rencontre sous tension à Moscou

L’Ukraine avait arrêté ses importations, car l’opérateur national doit faire face à d’importants problèmes financiers. Gazprom lui réclame un impayé de 1,3 milliard de dollars, soit 967 millions d’euros, pour les livraisons de gaz depuis août.

Le pays puisait alors dans ses propres réserves de gaz pour satisfaire la demande nationale et européenne. Mais jeudi, le porte-parole de Gazprom avait annoncé "des répercussions négatives" de la politique ukrainienne sur l’approvisionnement européen cet hiver.

Alexeï Miller, président de Gazprom, et Evgeny Bakulin, directeur de l’opérateur ukrainien Naftogaz se sont rencontrés à Moscou dans la foulée, pour parvenir à résoudre le conflit. Selon la presse russe, le groupe gazier aurait proposé un nouveau délai pour le paiement de la dette, mais Gazprom n’a pas confirmé cette information.

Déjà en 2006 et 2009, l’approvisionnement en gaz de l’Europe avait été affecté par des conflits géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine. Du coup, Bruxelles aimerait réduire sa dépendance au gaz russe et ouvrir les gazoducs à la concurrence.

A.D. avec AFP