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Des satellites franco-allemands vont vérifier les promesses de la COP 21

Afin de mesurer plus précisément les émissions de gaz à effet de serre, en 2020 le CNES mettra en orbite deux nouveaux satellites.

Afin de mesurer plus précisément les émissions de gaz à effet de serre, en 2020 le CNES mettra en orbite deux nouveaux satellites. - Olivier Sattler - CNES

Présentés à l’occasion de la COP21, Merlin et Microcarb seront chargés d’observer les émissions de gaz à effet de serre depuis l’espace. Ils seront lancés en 2020.

On croirait ces appareils tout droit sortis d’un livre de science-fiction, et pourtant, ils vont bientôt "scanner" la terre avec leurs nombreux capteurs. Depuis le site du Bourget, où se déroulent jusqu’au 11 décembre prochain les négociations de la Conférence de Paris sur le climat, le président du CNES (l’agence spatiale française), Jean-Yves Le Gall a présenté les missions de Microcarb et Merlin, deux satellites qui devraient être mis en orbite à l’horizon 2020.

Ces deux nouveaux appareils, dont l’un est issu d’une collaboration entre le CNES et la DLR, l’agence spatiale allemande, viendront gonfler la flotte des 30 à 40 satellites d’ores et déjà en services et dédiés à la surveillance du climat. Comme l’a souligné le Centre national des études spatiales, leur mission première sera de mesurer avec précision le respect des engagements de réduction des gaz à effet de serre qu’auront pris les États lors de la COP21.

"Merlin" en charge de la mesure du méthane

Le programme franco-allemand "Methane Remote sensing LIdan Mission" (Merlin) a pour but "d’améliorer la connaissance des mécanismes régissant le cycle du méthane". Chargé de mesurer la concentration en méthane atmosphérique, Merlin doit également permettre aux scientifiques des deux pays de mieux comprendre l’origine des sources d’émissions de ce gaz à effet de serre. Une fois en orbite, Merlin "émettra des tirs lasers vers la surface de la terre, puis analysera le signal réfléchi afin de déduire la quantité de méthane présente" souligne le CNES.

Illustration représentant le satellite Merlin en orbite : 

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- © David Ducros - CNES

Pour rappel, le méthane est le deuxième plus important gaz à effet de serre. D’après les scientifiques, sa contribution au réchauffement climatique est 25 fois plus élevée qu’un autre gaz connu, le dioxyde de carbone (CO2), lui aussi très régulièrement pointé du doigt.

"Microcarb", le petit français

La mission de "Microcarb", satellite "100% français" est toute autre. Celui-ci sera chargé de mesurer les quantités de dioxyde de carbone atmosphérique et plus particulièrement au-dessus des zones terrestres sous-équipées en stations de mesure terrestres. Pour y parvenir, il observera au spectromètre le rayonnement lumineux de la surface de la terre.

Bien que différentes, les missions de "Merlin" et "Microcarb" n’en sont pas moins complémentaires. Les deux satellites, qui auront la même taille, devraient coûter 150 millions d'euros chacun, mais sur le plan scientifique permettre de réaliser des mesures plus fiables que celles effectuées sur Terre. 

Antonin Moriscot