BFM Business
Energie

Coupures d'électricité: quels sont les trois scénarios étudiés par RTE pour cet hiver?

Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité a établi trois scénarios hivernaux auxquels correspondent des prévisions de nombres d'alertes Ecowatt rouge synonymes de potentiels délestages.

Combien de signaux Ecowatt rouge seront diffusés cet hiver? Alors que l'hiver météorologique vient tout juste de débuter, il est encore difficile de répondre avec précision à cette question mais RTE a d'ores et déjà établi trois scénarios avec pour chacun, une fourchette envisageable de signaux Ecowatt rouge et donc de possibles recours aux opérations de délestage.

Le premier scénario est celui dit "haut" et qui correspond à un succès du plan de sobriété énergétique auprès des particuliers, entreprises et collectivités territoriales ainsi qu'à une remise en service rapide des réacteurs nucléaires. En cas d'hiver chaud comme en 2019-2020, il pourrait tout simplement n'y avoir aucun signal Ecowatt rouge émis et leur nombre n'excéderait pas trois au cours de l'hiver en cas de météo très froide comme en 2010-2011. Cependant, ce scénario est aujourd'hui jugé peu probable par RTE alors qu'EDF a pris du retard dans son calendrier de relance du parc nucléaire et malgré la baisse de la consommation d'électricité déjà observée, en particulier dans le secteur secondaire.

Jusqu'à six activations d'Ecowatt rouge dans le scénario central

Le scénario central se montre plus prudent sur la disponibilité du parc nucléaire qui remonterait progressivement d'ici à janvier et les capacités d'importations d'électricité depuis nos voisins européens. En cas d'hiver chaud, la France n'aurait pas de raison de s'inquiéter. En revanche, les signaux Ecowatt rouge seraient presque garantis en cas d'hiver froid voire très froid. Dans le premier cas, leur nombre ne dépasserait pas deux et pourrait même être nul si les mesures de sobriété étaient bien mises en oeuvre. En cas d'hiver très froid, ils pourraient atteindre la barre des six, un seuil maximal qui pourrait être ramené à trois avec des mesures de sobriété bien appliquées.

S'ils sont élevés, ces chiffres ne sont pas comparables avec ceux du scénario dégradé qui prévoit une consommation suivant la tendance actuelle avec une réduction d'à peine 2% par rapport au niveau pré-pandémique à laquelle s'ajouterait de fortes tensions sur le gaz, des importations limitées et un retard accru dans le calendrier de remise en service des réacteurs nucléaires. Dans ce cas, quatre à sept signaux Ecowatt rouge seraient diffusés si l'hiver est chaud mais ce nombre pourrait varier entre 12 et 20 activations si l'hiver est froid et même entre 20 et 28 s'il est très froid. Le recours aux moyens de sauvegarde, c'est-à-dire les délestages, serait dès lors très fréquent.

Gaëtane Meslin avec Timothée Talbi