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Bouilloires et four micro-ondes, ennemis sournois de l'environnement

Les consommateurs font généralement tourner leurs micro-ondes plus longtemps que nécessaire pour cuire ou réchauffer les aliments.

Les consommateurs font généralement tourner leurs micro-ondes plus longtemps que nécessaire pour cuire ou réchauffer les aliments. - Georges Gobet-AFP

Le petit électro-ménager affecte considérablement l'environnement du fait de sa consommation électrique. Consommateurs et fabricants peuvent agir, chacun à leur niveau, pour réduire cet impact, selon une étude européenne.

Les petits appareils électriques domestiques, par leur nombre et leur consommation électrique cumulée, exercent un impact non-négligeable sur l'environnement. Dans l'UE, l'électricité nécessaire au fonctionnement de quelque 130 millions de fours à micro-ondes estimée à 9,4 TWh (térawatt-heure) ajoute chaque année 7,7 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, autant que huit millions de voitures, relève une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment.

Ajoutez 150 millions d'aspirateurs, 145 millions de bouilloires et plus de 100 millions de sèche-cheveux pour la seule Europe, et l'empreinte carbone de tous ces appareils devient significative, note l'auteur principal, Alejandro Gallego-Schmid, chercheur à l'Université de Manchester.

Leur impact environnemental le plus élevé provient de l'électricité qu'ils consomment, en partie produite par des combustibles fossiles (40% de l'électricité européenne provient du charbon et du gaz; 70% dans le reste du monde).

Pour autant, en attendant que les énergies renouvelables se développent, beaucoup peut déjà être fait par l'industrie aussi bien que par l'usager pour limiter l'impact de ces usages quotidiens souvent énergivores.

C'est le cas emblématique des bouilloires. À cause de la résistance dont elles sont dotées, elles consomment de l'électricité tout en incitant à chauffer plus d'eau que nécessaire. "On fait en moyenne chauffer, dans nos bouilloires, 50% d'eau en trop par rapport à nos besoins," dit l'auteur de l'étude. "Avec 145 millions de bouilloires dans l'Union, la marge de progrès est énorme" ajoute-t-il. Certains fournisseurs ont conçu des modèles plus vertueux sur le plan écologique. Leurs impacts environnementaux sont inférieurs à 30% aux modèles standards grâce à une plus grande efficacité de l'eau et à une consommation d'énergie plus faible. Grâce à leur double réservoir, on évite ainsi de chauffer un litre d'eau pour remplir une seule tasse, par exemple. 

De la même manière, les usagers ont leur responsabilité puisqu'ils font généralement tourner leurs micro-ondes plus longtemps que nécessaire pour cuire ou réchauffer les aliments, selon l'étude.

Les aspirateurs gourmands en énergie, bannis de l'UE

De nouvelles régulations établies à l'échelle européenne peuvent aussi limiter la puissance -- et la consommation d'énergie -- des appareils domestiques. Par exemple, depuis le 1er septembre 2017, les aspirateurs les plus gourmands en énergie sont bannis de l'UE. Au nom de cette directive sur l'écoconception, la puissance électrique des nouveaux modèles mis sur le marché depuis cette date a été limitée à 900 W (contre 1600 W auparavant).

Enfin, l'impact environnemental du petit électroménager n'est pas lié uniquement à leur usage. Un quart des émissions de CO2 produites par ces appareils électriques domestiques est lié à sa fabrication et 6% aux matières premières, note l'étude, qui relève l'importance de régulations futures sur l'usage des ressources, la durée de vie des produits, le recyclage et la gestion des déchets.

Selon une enquête citée dans l'étude, l'analyse de 100 fours à micro-ondes abandonnés dans un point de collecte a montré que 50 étaient encore en état de marche et que les 50 autres pouvaient être facilement réparés.

Frédéric Bergé avec AFP