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Défense: Dassault Aviation maitre d'œuvre pour standardiser le combat collaboratif européen

Un Airbus A400M en formation avec un Eurofighter Typhoon et un Rafale (image d'illustration)

Un Airbus A400M en formation avec un Eurofighter Typhoon et un Rafale (image d'illustration) - Lionel Bonaventure - AFP

Dassault Aviation a lancé la phase industrielle d'une initiative pour la standardisation du combat aérien collaboratif. Ce projet est soutenu par l’Union Européenne à hauteur de 75 millions d'euros dans le cadre du Fonds Européen de Défense (FED),

Le système de combat aérien du futur (Scaf) se construit par étapes. En attendant le lancement le 20 mars prochain de la phase industrielle du programme franco-germano-espagnol, une autre initiative a été mise en place. Dassault Aviation a officiellement lancé le projet EICACS (European Initiative for Collaborative Air Combat Standardisation) qui vise à rendre intéropérables les forces aériennes européennes.

Ce programme, dont la matrise d'oeuvre a été confiée à Dassault, rassemble 37 industriels et organismes de recherche de l’Union Européenne (voir encadré ci-dessous). Pour le mener, la Commission européenne le finance à hauteur de 75 millions d'euros. Il consiste à créer un standard pour que l'ensemble des forces aériennes européennes, quels que soient les avions qu'elle utilisent, puissent stocker, échanger et traiter les données recueillies par les appareils militaires.

Un enjeu de souveraineté

"L'EICACS permettra de renforcer la capacité des forces aériennes européennes à conduire leurs missions toujours plus efficacement et à agir en coalitions faisant intervenir aussi bien des systèmes habités que non-habités, des systèmes de combat aérien futurs et des plates-formes existantes ainsi que leurs évolutions", expliquait l'avionneur français à l'occasion de la réunion de lancement du projet qui s'est tenue sur son site de Saint-Cloud, près de Paris.

Ce dispositif est aussi un enjeu de souveraineté européeenne face à la puissance technologique américaine qui s'impose dans l'Otan à travers ses standards. Actuellement, ces échanges s'effectuent avec le standard Liaison 16 basé sur des protocoles définis pour les États-Unis. Reste à savoir si les Américains accepteront de partager les données recueillies par des appareils "made in USA" comme le F-16 ou F-35 avec les Rafale, les Eurofighter ou les Gripen européens.

"Ce projet est crucial pour les forces aériennes de l’Union Européenne", estime Dassault Aviation.

Au-delà de l'aérien

Cet enjeu ne se limite pas à l'aérien. En décembre dernier, la Commission européenne a débloqué un premier financement de 1,2 milliard d'euros pour les prochaine génération d'avions de combat, mais aussi de chars et de navires et le développement de technologies de défense.

Ce budget vise a cofinancer une sixantaine de projets retenus par Thierry Breton, le commissaire européen français responsable du marché intérieur, de la défense et de l'espace. Créé en 2019, le Fond européen de défense (FED) dispose d'un budget de 7,9 milliards d'euros de 2021 à 2027.

Qui sont les 37 industriels et organismes de recherche de l’Union Européenne qui forment le programme EICACS?
France: INRIA, MBDA France et Thales
Allemagne: Airbus Defence and Space GmbH, Diehl Aero, Diehl Defense, ESG Elektroniksystem, Helsing, Hensoldt Sensors, Industrieanlagen-Betriebsgesellschaft, Rohde & Schwarz
Espagne: Airbus Defence and Space, GMV Aerospace and Defence, Indra Sistemas, Sener Aeroespacial et l'Instituto Nacional de Técnica Aeroespacial
Italie: Leonardo et ELT Elettronica
Suède: SAAB
Belgique: EASN Technology Innovation Services
Portugal: Edisoft
Roumanie: National Institute for Aerospace Research
Grèce: Université de Patras
Pays-Bas: Royal NLR
Croatie: Université de Zagreb

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco