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Déconfinement: certains salons de coiffure contraints d'augmenter leurs prix

Certains coiffeurs ont augmenté leurs prix (Photo d'illustration)

Certains coiffeurs ont augmenté leurs prix (Photo d'illustration) - RMC

Plusieurs salons de coiffure ont augmenté leurs prix dès leur réouverture le 11 mai pour compenser les coûts liés à au respect du protocole sanitaire.

Marquage au sol, port du masque, gel hydroalcoolique, distanciation entre les clients… La réouverture des salons de coiffure le 11 mai a été conditionnée au respect d’un protocole sanitaire de sept pages édicté par le ministère du Travail. Des aménagements qui représentent des coûts supplémentaires pour les professionnels dont la trésorerie a déjà fondu après deux mois de fermeture forcée. 

"Ce coût lié à l’hygiène se situe aux alentours de 2 euros", expliquait à BFMTV le patron du Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC), Franck Provost. "On va répercuter ce coût sur la prestation complète. Chacun est libre de répercuter le montant qu’il veut sur les prestations, ça peut aller de 2 à 5 euros", avait-t-il ajouté chez nos confrères de RMC. 

Les hausses de prix décidées dans certains salons ne sont pas passées inaperçues. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes font part de leur incompréhension. 

Baisse de la productivité

Pour les petits salons indépendants, les hausses de tarifs décidées pour compenser l’augmentation des coûts sont parfois largement supérieures à 5 euros: "Je vais faire payer 12 € de plus à mes clients pour le kit sanitaire. Pour les femmes, ce sera 20 €, parce que le kit sanitaire n'est pas le même. Il faut plus de serviettes et plus de matériel", assurait à France info un coiffeuse de Sèvres (Hauts-de-Seine).

Les professionnels expliquent ne pas avoir d’autres alternatives: "Les masques sont vendus 0,95 centime pièce, ça monte très vite. Les gants, pareil, les visières aussi. Au bout d'un moment, tout additionné, les salons n'ont plus le choix, aujourd'hui ! Pour le petit coiffeur au bout de la chaîne qui doit tout se payer, c'est difficile aussi", précise au Figaro Raphaël Perrier, ancien champion du monde de coiffeur et propriétaire de plusieurs salons. 

Au-delà de l’achat de matériel, les coiffeurs justifient ces hausses de prix par la chute de la productivité liée à l’application des mesures sanitaires. "Au bout d'une semaine, le temps que l'on passe à nettoyer le matériel, les outils et à désinfecter les surfaces est considérable. Notre utilisation des désinfectants est énorme, car dès qu'un client bouge, il faut tout nettoyer derrière. Or, c'est du temps de non-productivité", souligne auprès du Figaro Christophe Doré, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (UNEC).

Paul Louis