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TF1 lance un Netflix pour enfants

"Les cités d'or", un des multiples dessins animés du catalogue de TF1

"Les cités d'or", un des multiples dessins animés du catalogue de TF1 - Blue Spirit

La Une lance un service de vidéos à la demande illimité pour enfants à 4 euros par mois, qui sera notamment distribué par Orange.

TF1 fait une incursion prudente sur le marché de la vidéo à la demande (VoD) illimitée par abonnement. Face à CanalPlay ou Netflix, la Une évite un combat frontal et préfère concentrer ses moyens, avec cette offre jeunesse, TFou Max, proposée pour 4 euros par mois, et lancée le 5 février.

Pour faire la différence, TF1 peut compter sur la puissance de TFou, son émission consacrée aux dessins animés qui lui assure un catalogue de programmes fourni: Calimero, Barbapapa, Lassie Maya l'abeille ou les Mystérieuses cités d'or... Au total, 2.000 programmes (et 3.000 dans quelques mois) pour capter ce marché de la vidéo par abonnement.

Concurrence fournie

Un marché en plein essor: le chiffre d'affaires de la VoD par abonnement devrait progresser de 25% en 2014, pour atteindre 35 millions d'euros, selon les prévisions du cabinet NPA.

Malgré tout, TF1 ne sera pas seul sur ce segment. Canal Plus, sur son service de VoD en illimité CanalPlay, comprend déjà une section baptisée CanalPlay Kids, qui offre 4.000 épisodes de dessins animés. Le catalogue de Netflix en contient à peu près 3.800.

Et des offres illimitées ciblant les enfants existent déjà, par exemple le pass kids de SFR (6 euros par mois), Bangoo de Moonscoop (5 euros par mois), ou Gullimax de la chaîne pour enfants Gulli (5 euros par mois). De son côté, DailyMotion avait lancé il y a deux ans une offre baptisée Kids+ (4,5 euros par mois), arrêtée depuis. "C'était un test", indique la filiale d'Orange. 

Toujours pas de Netflix à la française chez Orange

Ceci explique sans doute que l'offre de TF1 ne sera pas disponible chez SFR, mais uniquement chez Bouygues et Orange.

A noter que TFou Max est le premier fruit -modeste- des discussions entamées l'an dernier entre la Une et l'ex-France Télécom, qui tente depuis plusieurs mois de donner naissance à un Netflix à la française.

Un projet qui avance très laborieusement, mais n'est pas abandonné, à en croire le PDG Stéphane Richard, qui assurait le 13 janvier: "on y travaille toujours. Le processus se poursuit. Mais on ne peut pas le pousser tout seul. Cela se fera forcément avec des partenaires dans les contenus, des télévisions. Il y a eu des discussions avec Canal Plus qui n'ont pas été suivies (d'effet), mais qui peuvent reprendre à tout moment." Et de critiquer la chaîne cryptée qui semble croire que "CanalPlay est le seul Netflix français": "Je ne suis pas convaincu de cette vision. Orange peut être celui qui rassemble les initiatives, fait travailler ensemble, et apporte une capacité de distribution exceptionnelle"

Simon Tenenbaum et Jamal Henni