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Presstalis: l'Etat a injecté 165 millions d'euros en neuf ans

La messagerie a subi une trentaine de mouvements de grève depuis octobre

La messagerie a subi une trentaine de mouvements de grève depuis octobre - -

Le ministre du budget Jérôme Cahuzac critique l'appel à la grève lancé par la CGT chez le distributeur de journaux, où 1 250 postes doivent être supprimés.

Mercredi 6 février, les quotidiens nationaux ont été à nouveau absents des kiosques en raison d'une grève chez Presstalis (ex-NMPP), la messagerie chargée d'acheminer les journaux jusqu'aux kiosques. L'appel à la grève a été lancé par le syndicat du livre SGLCE-CGT pour protester contre le plan de restructuration en cours. Ce dernier prévoit la suppression de 1 250 postes, soit la moitié de l'effectif.

Depuis l'annonce de ce plan en octobre 2012, il y a déjà eu "une trentaine de mouvements de grève soit perlés soit globaux", selon le SPQN (syndicat de la presse quotidienne nationale).

Cette énième grève a suscité la critique de Jérôme Cahuzac. "Ce n'est de l'intérêt de personne que d'arriver à des méthodes de blocage qui sont extrêmement préjudiciables. J'appelle à un peu de responsabilités de la part de tous, et notamment de ceux qui ont décidé de l'opération de blocage", a déclaré le ministre du budget mercredi soir sur France Info et LCP.

Il a rappelé que "nous en sommes à cinq plans [depuis 2002] avec beaucoup d'argent à la clé", et souligné "les efforts considérables que l'État a pu consentir depuis maintenant 10 ans".

"Salaires élevés"

En effet, les différents plans de sauvetage de Presstalis ont été financés par la presse (qui détient Presstalis via des coopératives), mais aussi sur fonds publics. Entre 2005 et 2013, l'Etat a ainsi versé pas moins de 165 millions d'euros d'aides à la messagerie. Cela sans compter un prêt de 20 millions d'euros étalé sur 2012 et 2013.

Une partie de ces aides est récurrente: l'Etat verse chaque année une subvention pour la distribution des quotidiens nationaux, subvention qui a été portée à 18 millions d'euros par an en 2009. Quant au reste de l'argent versé, il s'agit d'aides ponctuelles aux plans de sauvetages successifs de la messagerie.

Comme l'explique le rapporteur PS du budget presse Michel Françaix, l'exploitation de Presstalis est structurellement déficitaire, notamment à cause "des surcoûts sociaux importants, qui sont majoritairement liés aux conditions salariales et d’organisation du travail héritées du statut des ouvriers du Livre, et chiffrés à 65 millions d’euros".

Plus crûment, le patron du Figaro Marc Feuillée (par ailleurs président du SPQN) a déclaré sur France Info: "les conditions sociales de travail des ouvriers du Livre sont extrêmement favorables, les salaires sont élevés, et les indemnités de départ sont exceptionnelles".

Jamal Henni