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Mondial 2014: les paris sportifs, grands gagnants de France-Suisse

Le parcours des Bleus va-t-il permettre de doper les mises?

Le parcours des Bleus va-t-il permettre de doper les mises? - -

Ce vendredi 20 juin, la France affronte la Suisse lors de la Coupe du Monde. Une compétition qui doit permettre aux opérateurs en ligne de se partager un gâteau de 100 millions d'euros de mises et de renforcer leurs recrutements de parieurs.

Combien seront-ils à miser sur une victoire des Bleus face à la Suisse ce vendredi 20 juin? Depuis le début de la compétition en tout cas, les mises explosent. En moyenne, les premiers matchs disputés entre le 13 et le 17 juin, on récolté 1,5 million d'euros de mises sur les seuls paris en ligne, selon l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), contre 1 million d'euros lors de la précédente Coupe du Monde, en 2010.

Les mises avaient déjà progressé de 25% au premier trimestre 2014, avant le début du mondial. Et la marge de progression est encore importante. "Les Français ne sont pas comme les Italiens ou les Britanniques qui vont jusqu'à parier sur le royal baby", rappelle-t-on chez la FDJ. "Il y a un engouement émergent", observe, de son côté Marc Guigo, directeur général de Betclic Everest France.

Dans ce contexte, le mondial 2014 a des allures de tournant pour le marché, d'autant plus que le football représente entre 60 et 75% des paris sportifs en ligne selon les opérateurs.

> Les mises

Les différents acteurs du marché s'attendent à une manne de 100 millions d'euros de mises sur le web sur l'ensemble de la compétition. Le leader, Betclic, compte glaner entre 35 et 40% de cette somme, soit "au moins notre part de marché (35%)", explique Marc Guigo.

De son côté, le PMU, le numéro deux du secteur, veut lui aussi capter au moins sa part de marché (25%). Voire plus. Le PMU est, en effet, un partenaire officiel des Bleus. Et Cyrille Giraudat, directeur marketing du groupe, fait remarquer que lors du match retours des co-équipiers de Karim Benzema face à l'Ukraine, en novembre dernier, leur part de marché a atteint 30%.

Du coup, le PMU est de tout cœur avec l'Equipe de France. "Plus elle ira loin plus l'intérêt des Français et la ferveur va monter et aura un impact sur les enjeux", analyse Cyrille Giraudat.

La FDJ, elle, est sur une équation différente. Outre le pari en ligne via sa marque "Parions Web", l'entreprise a le monopole du pari sportif "hors ligne" avec "Parions Sport "qui lui permet de proposer des paris à la côte ainsi que le célèbre Loto Foot. Sur l'ensemble de ces canaux, elle compte dépasser les 140 millions d'euros de mises, récoltées lors du précédent Mondial de 2010.

> Les recrutements

Mais l'enjeu ne se limite pas aux mises. "Il y a un effet ponctuel avec le montant des mises mais il y a aussi des conséquences à long terme, la Coupe du Monde étant un levier de recrutement de nouveaux clients", explique Cyrille Giraudat.

Ce dernier met en avant les résultats de l'Observatoire du PMU qui montrait que plus de la moitié des amateurs a déjà parié et, surtout, que 40% de ces mêmes amateurs sont prêts à parier sur un résultat de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde. Le PMU compte recruter 50.000 nouveaux parieurs.

Betclic mise pour sa part sur 40.000 nouveaux joueurs, et veut "en fidéliser le plus possible", selon Marc Guigo. La FDJ, elle, veut fidéliser sa base de joueur existante sur le web. Sur les paris "physiques", elle a un objectif de recrutement qui n'est pas chiffré, et qui viendrait consolider une base de 3 millions de parieurs.

> Le mobile, un nouvel enjeu

Enfin, le dernier enjeu est le mobile, segment sur lequel "la prise de pari se développe très fortement", explique Cyrille Giraudat, qui indique que le PMU va adopter "une publicité spécifique" pour renforcer ce canal.

Le son de cloche est sensiblement le même chez Betclic. "Il y a un véritable enjeu sur le mobile", affirme Marc Guigo qui explique que plus de 50% du chiffre d'affaires de sa société s'effectue désormais sur tablettes et smartphones. "La Coupe du Monde va accentuer ce phénomène", analyse-t-il.

La FDJ va, elle, lancer une appli "Parions Sport", qui ne permettra pas de prendre des paris mais de simuler les bulletins et les gains. Ce qui devrait lui permettre "la solidification du point de vente" physique. Elle a également lancé depuis quelques semaines une campagne de publicité Télé/Web centrée sur l'appli "Parions Web", "la meilleure appli pour parier", dixit le spot.

Julien Marion