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Google bientôt taxé en France?

Google risque de riposter si l'entreprise venait à être taxée en France

Google risque de riposter si l'entreprise venait à être taxée en France - -

François Hollande s'est dit favorable à l'adoption d'un texte de loi dans le but de forcer les moteurs de recherche à partager les bénéfices générés par l'information en ligne.

François Hollande est favorable à l'adoption, début 2013, d'un texte de loi dans le but de forcer les moteurs de recherche à partager les bénéfices générés par l'information en ligne, rapporte dimanche Le Figaro sur son site internet.

Le chef de l'Etat s'est exprimé en ce sens lors d'un déjeuner, mercredi dernier, avec les édinteurs de la presse quotidienne régionale, précise Le Figaro, qui cite u des participants.

"Il connaissait bien le dossier et il nous a affirmé qu'il soutiendra l'adoption d'un texte de loi dès janvier 2013", raconte un participant au déjeuner, cité par Le Figaro.

Google menace de ne plus référencer les journaux français

C'est dans ce contexte que le patron de Google, Eric Schmidt, sera reçu lundi par le président François Hollande à Paris.

Italiens et Allemands font cause commune avec les Français pour réclamer l'instauration par la loi d'un droit payant qui serait versé par Google aux organes de presse, arguant que ce sont leurs contenus, régulièrement actualisés, qui drainent les visiteurs vers le géant du net.

Sourd à ce stade aux revendications d'une presse qui prend la crise de plein fouet, Google montre les dents: le moteur de recherche menace de ne plus référencer les journaux français si une telle taxe devait voir le jour, c'est-à-dire de ne plus afficher les liens qui renvoient le lecteur vers leurs sites.

Instaurer une taxe serait "néfaste pour internet et pour les internautes", a estimé Olivier Esper, responsable de Google, dont le siège social est basé en Irlande et échappe ainsi à la taxation sur les sociétés dans l'Hexagone.

4 milliards de clics par mois

Google fait valoir qu'il redirige quatre milliards de clics par mois vers les éditeurs français.

Mais pour la présidente de l'Association de la presse d'information politique et générale Nathalie Collin, Google est avant tout une "régie publicitaire géante (...) qui engrange en France plus de 1,2 milliard (d'euros) de revenus publicitaires, contre moins de 200 millions pour toute la presse en ligne".

"Chaque visiteur rapporte entre 40 et 50 euros par an à Google", affirme-t-elle au Journal du Dimanche en demandant que "l'Etat (monte) en première ligne et (joue) son rôle de régulateur, comme il le fait avec le marché des télécoms".

Les éditeurs sont divisés néanmoins sur le dossier: pour le syndicat de la presse en ligne (Spiil), qui regroupe les sites d'information sur internet, les "pures players" tels Mediapart, Atlantico, Slate ou Rue89, une telle taxe "renforcerait l'hégémonie de Google".

"La presse est déjà totalement dépendante de Google au niveau de l'audience, si à cela on ajoute une dépendance économique, Google pourra décider de tout", estime le président du Spiil Maurice Botbol.

La presse brésilienne (90% des titres) qui a déjà étrenné la vie sans Google faute d'accord avec le géant américain affirme, un an après, s'en porter aussi bien - sans renoncer à trouver encore une solution négociée.

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