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France Télévisions: un nouveau président dès cette semaine?

Le nouveau président sera désigné au plus tôt mercredi soir

Le nouveau président sera désigné au plus tôt mercredi soir - Jean Ayissi AFP

Le président des chaînes publiques pourrait être désigné dès mercredi soir par le gendarme de l'audiovisuel. Un âpre débat a eu lieu sur le nombre de voix nécessaires au sein du collège.

La course à la présidence de France Télévisions entre dans sa dernière ligne droite. Certes, officiellement le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), qui doit le désigner, se borne toujours à déclarer qu'il fera son choix avant le 22 mai. Mais, en pratique, les candidats passent leurs auditions ce mardi 21 et mercredi 22 avril. L'heureux élu pourrait être désigné dans la foulée, soit au plus tôt mercredi soir.

En effet, pour la plupart des observateurs, le gendarme de l'audiovisuel est probablement désireux d'en finir rapidement, pour échapper aux multiples pressions dont il fait l'objet en la matière.

Sept candidats?

Le CSA refuse de communiquer le nom des candidats encore en lice, et même leur nombre. Toutefois, à moins qu'un gros calibre soit passé totalement sous les radars, les finalistes seraient au nombre de sept: Rémy Pflimlin (France Télévisions), Christophe Beaux (Monnaie de Paris), Cyrille du Peloux (Veolia), Pascal Josèphe (ex-France Télévisions), Delphine Ernotte (Orange), Robin Leproux (ex-M6) et Nathalie Collin (la Poste), ces deux derniers semblant avoir une petite avance.

Divisé par de fortes inimitiés

Reste que les débats promettent d'être houleux au sein d'un collège du CSA déjà divisé par de fortes inimitiés. D'autant plus que les sages ne sont désormais plus neuf, mais seulement huit. Un nombre pair qui pose un casse-tête en cas d'égalité des voix. Ce cas-là a fait l'objet d'âpres débats au sein du collège, débats où le président Olivier Schrameck s'est retrouvé en minorité. Pour trancher la question, des expertises ont même été commandées au service juridique du CSA, ainsi qu'à un juriste renommé. Mais leurs résultats sont contradictoires. Interrogé, le CSA refuse d'indiquer la teneur de ces expertises. 

Quoiqu'il en soit, une solution a finalement été adoptée. Le président de France Télévisions devra recueillir la majorité absolue au sein du collège, soit cinq voix.

Textes contradictoires

Si cette question est ardue, c'est que les textes sont contradictoires. D'une part, la loi sur l'audiovisuel de 2013 stipule: "le président de France Télévisions est nommé par le CSA, à la majorité des membres qui le composent". Mais, d'autre part, le règlement intérieur accorde au président du CSA un droit de vote double en cas d'égalité des voix. Un droit de vote double qui a déjà été utilisé dans le passé...

Interrogé, la porte-parole de l'institution répond: "la direction juridique du CSA a été consultée sur cette question, à la demande du président Olivier Schrameck. Sur cette base, Olivier Schrameck a proposé au collège, qui l’a approuvé, qu'au regard des termes de la loi de 2013, cinq voix soient exigibles pour assurer la nomination".

Mise à jour: jeudi à 14h30, la porte-parole du CSA a apporté les précisions suivantes: "le président du CSA Olivier Schrameck, en prônant le choix de 5 votes, a fait le choix de la sécurité juridique, dans l’intérêt du service public de l’audiovisuel et dans l’intérêt de l’institution CSA, compte tenu des risques contentieux qu’il pouvait y avoir. Effectivement, la règle de la voix prépondérante est prévue pour l’ensemble des décisions ordinaires du CSA. Or pour la désignation à la présidence de France Télévisions, c’est une procédure spécifique, il n’y a pas de voix prépondérante à proprement parler. Olivier Schrameck a donc considéré qu’il était plus prudent d’exiger une majorité de 5 voix".

Jamal Henni